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Tome second.
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35 ° Voyage

II y a, à Genève, une fabrique de toiíejpeintes qui occupe six cents ouvriers. La fabriqued’horlogerie y fleurit à un point étonnant : elley occupe au-delà de quatre mille personnes. Labijouterie, la draperie , la tanerie, la banque,l’imprimerie, y ont crû à un haut degré deprospérité; &: cette ville est en relation avectoutes les places importantes de l’Europe. LesGenevois , depuis long-temps , font reconnuspour être les plus ingénieux mécaniciens de l’Eu-rope, dans toutes les branches de manu facturesen métaux. On y spécule fur les emprunts despuissances étrangères, & fur les révolutions dansle crédit des effets publics. C’est une chose biendigne de remarque, qu'u ne ville dépourvue deterritoire, se soit élevée à un point de -richesse& de.grandeur qui la place à côté des villçsdesplus florissantes de l’Europe; &, chose pxes-qu’incroyable, les Genevois ont, fur les seuls fondspublics de la France, par l’avancement de leurscapitaux, un revenu annuel de douze millions.

Les revenus de la République n’excedent pas undemi-million. Plusieurs particuliers dans la Répu-blique en ont autant. C’est qu on y reconnoît en-corequeles richellès d’un état ne sont jamais mieuxplacées qu’entre les mains des Citoyens où ellesfructifient, où elles se transforment en roséessalutaires & vivifiantes ! Jamais un Etat n’est