CHAPITRE I.
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plus beau en Europe . Ils côtoyèrent le lac, etretrouvèrent, à son extrémité supérieure, leRhône , qui s’y jette, observant la différencede couleurs de ses eaux. La longue et étroitevallée (le Valais ) qu’il sillonne dans son coursleur sembla le noir séjour d’une nuit éter-nelle (i), et ils donnèrent aux sommets glacésoù il prend sa source le nom de Colonnes duSoleil (a), probablement parce que cet astreles éclaire encore long-temps après son cou-cher. On est sans doute surpris de trouverla Suisse dans l’état où sont, de nos jours, lesdéserts de l’Amérique , et d’entendre des Grecsparler du Rhône et du lac de Genève à peu prèscomme les chasseurs canadiens parlent du lacMichegan et de la rivière aux Renards bleus.
César nous apprend que lors de la grandeinvasion des Helvétiens, cinq siècles après lesdécouvertes en question, on trouva, après leurdéfaite, une sorte d’état général de leur arméeécrit en langue grecque; et cette circonstanceremarquable semblerait confirmer non seule-ment la découverte par les Grecs, mais encoreleur établissement dans le pays. Cependant ,lorsque nous trouvons les archives de tous les