CHAPITRE I.
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son lieutenant restèrent sur le champ de ba-taille, et la défaite fut si entière , que les vain-cus donnèrent des otages et passèrent sous lejoug. Cette circonstance extraordinaire est rap-portée par César lui-même.
L’étonnement et la terreur devinrent ex-trêmes à Rome lorsqu’on apprit, bie'ntôt aprèsces désastres, qu’une troisième armée consu-laire de quatre-vingt mille hommes avait eu lesort des deux autres, ayant été presque entiè-rement détruite par le même ennemi. Romen’avait jamais été dans un plus grand danger;mais les barbares ne surent pas profiter deleurs succès; ils divisèrent leurs forces, etCaïus Marins remporta sur eux une victoirecomplète près d’Aix (sîqua Sextia ) en Pro vence , et bientôt après une autre en Italie surles bords de l’Adige . Les Cimbres et les Helvé-tiens réunis étaient au nombre de cent cin-quante mille hommes à cette dernière bataille;leur infanterie, armée de longues piques, com-battait en bon ordre; leur cavalerie était cou-verte de fer et portait des casques magnifiques;ces circonstances méritent quelque attention,car si l’art de travailler les métaux suppose unétat de civilisation avancé, que devons-nouspenser des Romains eux-mêmes, qui connais-saient à peine un tel peuple, quoique si voisinde l’Italie ? Marius, inférieur en nombre, fut