CHAPITRE I. 9
de l’Ecluse et celui des Echelles se seraient trou-vés ainsi fermés. Le savant commentateur deSpon, et, après lui, Clarke, ont adopté une autreopinion; ils observent que César détruisit, dèsson arrivée, le pont de Genève sur le Rhône ,
' ou du moins cette moitié du pont qui s’étendaitde l’île au rivage helvétique ; ce qu’il n’eût pasfait s’il se fût proposé de construire son retran-chement de ce côté-là; il n’aurait, d’ailleurs,pu faire cet ouvrage sur le territoire ennemidéjà occupé par des forces si supérieures auxsiennes, composées seulement de cinq ou sixmille hommes. Le retranchement en questions’étendait donc, suivant toute apparence , lelong de la rive gauche du Rhône , de Genève au Vouache, lieu où le Rhône se fait jour àtravers la chaîne du Jura . L’île , sur le Rhône ,fut fortifiée d’une tour qui porte encore le nomde César, quoiqu’elle ait été détruite et rebâtiedepuis sur les mêmes fondations. La distancede dix-neuf mille pas (cinq lieues de vingt audegré), mentionnée par César, répond fortbien à celle de Genève au Vouache, qui est dequatre lieues en ligne directe, et probablementde cinq en suivant le cours du Rhône ; tandisque la distance de Nyon à la Dole ne serait qued’environ cinq mille pas. Il est probable quece retranchement, celte muraille de seize pieds