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fait entre les seigneurs. C’était une guerre civilepermanente. Hugh, évêque de Lausanne , ettrois autres prélats imaginèrent d’établir latreuga Dei , ou paix de Dieu , pour pallier le malqu’on ne pouvait empêcher. Ils excommu-niaient quiconque prenait les armes et com-mettait des hostilités depuis l'avent jusqu’àl’octave de l’Epiphanie (trente-quatre jours),ou depuis la Septuagésime jusqu’au dimanchede Quasimodo (soixante-dix jours), enfin, pen-dant toute l’année, depuis le coucher du soleille mercredi, jusqu’à une heure après son leverle lundi, ce qui réduirait à environ quatre-vingt-quinze le nombre de jours d’hostilités. Cetteinstitution humaine et politique fut adoptéedans d’autres pays.
La souveraineté du royaume de haute Bour gogne , passant à l’empereur déjà maître del’IIel*vétie allemande et de la Rhétie , tout le pays for-mant la Suisse moderne se trouva réuni sous lemême gouvernement, ou plutôt sous la protec-tion du même seigneur suzerain. Un demi-siècleaprès, l’empereur Henri iv, lequel ressemblait,à bien des égards, au monarque révéré quiporta depuis le même nom en France , ayantencouru la disgrâce du saint siège, fut excom-munié , et vit la guerre civile et la guerre étran-gère s’allumer en même temps contre lui. Lesévêques étaient divisés dans cette grande cause,