CHAPITRE XV. I 57
mutilé, ou périrent en défendant ses restes in-animés.
L’armée autrichienne , privée de son chef, sedispersa dans le plus grand désordre; mais leschevaliers cherchaient en vain leurs montures;car les gens de pied s’en étaient servis pours’échapper, et un nuage de poussière indiquaitseul le chemin qu’ils avaient pris. Les noblessuccombèrent presque tous; des familles en-tières furent éteintes; de tous les hommes de lamaison deReinach, il n’en survécut qu’un seul,lequel ayant été blessé par accident avant lecommencement de l’action, avait été obligé dese retirer. Les corps d’environ soixante des prin-cipaux seigneurs furent transportés à l’abbayede Kœnigsfelden, avec celui du duc Léopold, etl’on voit encore dans son église, le long des mu-railles du chœur, les statues de ces chevaliersagenouillés, et les mains jointes à la manièregothique. Lorsque les ossemens de Léopoldfurent exhumés trois cent quatre-vingts ansaprès la bataille, pour être transportés en Au triche , on distinguait encore quelques marquesde ses blessures.
Les confédérés restèrent trois jours sur lechamp de bataille, enterrèrent à Lucerne lescorps de Gondoldingen et de deux cents autresde leurs guerriers; ils y fondèrent un serviceannuel pour le repos de l’âme de tous ceux qui