CHAPITRE XVIII.
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à volonté, qui se peut vendre, donner ou prêter;et qu’avec la patente d’un prince souverain,étranger peut-être au pays, vous puissiez punirde mort, en sûreté de conscience, non seule-ment chez vous, mais où bon vous semble,pour obliger vos amis. Long-temps après l’af-franchissement de toute dépendance politiqueenvers l’empire, les Suisses voulaient encoretirer leur justice criminelle de la source mère.
(A. D. l402.) Une nouvelleexplosion de cetesprit de résistance à l’oppression qui avait eutantdesuccès dans diverses partiesde l’Helvétie,se préparait par les mêmes causes dans une par-tie des Alpes dont la soumission à ses maîtresn’avait pas encore été ébranlée; c’était ce groupede montagnes isolées, sur la rive gauche du Haut- Rhin , près de son embouchure dans le lac de Constance . I.es fondateurs de l’abbaye de Saint-Gall, dans le septième siècle, avaient obtenud’un roi des Francs, souverain de ces déserts,des concessions considérables, auxquelles lesmoines avaien tsu ajouter depuis tout l’Appenzel ,et le pays devait sa prospérité à leurs soins pater-nels. Cependant il vint un temps où les princes-abbés firent un usage tyrannique du pouvoirque leurs prédécesseurs s’étaient si justementacquis : un d’eux, Cuno de Stauffen, accabla lepeuple d’impôts, et ses baillis ajoutèrent l’insulteà la cruauté. Les montagnards supportèrent