CHAPITRE XXVII. 283
mandèrent la réforme des abus; Jean IIuss etJérôme de Prague périrent pour la même cause.Les plaintes et les remontrances se multipliè-rent pendant tout le cours du quinzième siècle.Jy.i plupart de ceux qui les hasardèrent perdi-rent la vie ou la liberté; mais leurs opinionssurvécurent, et le zèle des réformateurs deve-nait plus ardent par les moyens mêmes em-ployés pour l’éteindre. Le grand schisme destrois papes était peu compatible avec l’opinionde leur infaillibilité; les vices monstrueux dequelques pontifes tels que Innocent vm ( 1 ),Alexandre vl et Jules n, le paraissaient encoremoins; la vente des indulgences par Léon x (a)et les querelles de son cousin Clément vii avecCharles Quint , achevèrent de déchirer le voile.
(À. D. l5l8 ) Un moine italien , nommé
(1) Un poète contemporain disait d’innocent vm :
Octo nocens pueros genuit totidemquc puellas :
Hune merito poterit dicere Roraa patrem.
Et l’épitaplie suivante avait été faite pour la fille d’Atexan-dre vi :
Hoc jacet in tumulo Luci'etia nomine , sed reThaïs, Alexandri (ilia, sponsa, nurus.
(2) La vente des indulgences n’était pas tout-à-fait uneinnovation ; car Malleolus, qui écrivait dans le siècle pré-cédent, dit expressément qu’elles se vendaient comme lescochons au marché.