CHAPITRE XXVII. 2^ I
fait visiter la maison du célèbre professeur Co -linus, suspect d'avoir en sa possession des li-vres d’hérésie , les moines chargés de cet office,trouvant un Homère , s’écrièrent: Voilà qui estluthérien ! tout ce qui est grec est luthérien !La chaire retentissait des mêmes opinions. Ily a, s’écriait un prédicateur, un nouveau lan-gage inventé par les hérétiques , et un livre ap-pelé le Nouveau Testament , imprimé dans celangage , lequel contient beaucoup de chosesdangereuses. L’hébreu est un autre langage nou-veau. Quiconque l'apprend devient juif .
Les paysans de quelques parties de l’Alle magne , lassés du joug que leurs seigneurs spi-rituels et temporels faisaient peser sur eux , en-tendant d’ailleurs assez mal les principes de laréformation évangélique qui leur était prèchée,s’imaginèrent que la liberté indéfinie devaits’ensuivre, et que le renversement de tous lespouvoirs était compris dans le renversementdu pouvoir de Rome . Ils se soulevèrent en di-vers lieux, et, conduits par des prophètes deleur classe , commirent les plus épouvantablesdésordres. L’incendie avait d’abord été alluméen Thuringe ; il gagna la Saxe et s’étendit jus-qu’en Suisse . On appelait ces fanatiques Ana-baptistes , parce qu’ils imposaient aux adultesl’obligation d’un second baptême. Un vieillarddu canton de Saint-Gall avait, dit Ruchat, em-