CHAPITRE XXX. 33g
donner l’exemple. Il fut condamné à être brûlévif, et quoiqu’il craignît beaucoup la mort, ilmontra jusqu’à la fin une constance inébran-lable.
Cela n’empêchait point que Genève , regardéedéjà comme la métropole de la réformation , nefût le refuge des persécutés de tous lespays pourcause de religion, lesquels allaient y chercherla tolérance et la communion de principes. Onvoit que tout est comparatif : en effet, on allaitbien plus loin dans d’autres pays, et surtouten France (i), sans parler de la Saint-Bartbé-lemi qui n’eut lieu qu’en 1572. Les registresdu conseil de Genève montrent combien l’af-fluence était grande; nous trouvons, sous ladate du i 4 octobre i 557, deux cents Français
(1) « Les prisons de la conciergerie (à Paris ) étaient« remplies (1549) de ces malheureux sectateurs de Calvin ;« ils étaient depuis long-temps condamnés aux flammes;« mais par une bizarrerie presque inconcevable, et qui« prouve combien les mœurs étaient encore barbares , onn les avait précieusement réservés pour servir de spectacle« dans des jours consacrés au plaisir et à la joie. On les« sépara par bandes, et l’on alluma dans la même soirée« des bûchers sur le parvis de l’église de Notre-Dame , à« la place Maubert, à la Grève, et dans la rue Saint—« Antoine. Le roi, en s’en retournant au palais des Tou-•> relies, fut témoin de ces scènes d’horreurs, etc. » Onbrûlait sans pitié les protestans à Chambéry , presque auxportes de Genève . ( Histoire de France, par Garnier. )