CHAPITRE XXXf.
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tait partout clans la ville à la lueur des chan-delles aux fenêtres; et parmi les beaux faits decette nuit mémorable, on se souvint d’untailleur qui fit merveilles en jouant de l’épéeà deux mains, et d’une femme qui tua sonhomme d’un coup de marmite lancée de sa fe-nêtre. Beaucoup de Savoyards étant hors decombat, les autres se retirèrent vers leurséchelles, et, ne les trouvant plus, se préci-pitèrent en désordre dans les fossés; pèreAlexandre fut grièvement blessé par l’un desfuyards , qui tomba sur lui. Le point du jourdécouvrit cinquante-quatre hommes de l’en-nemi étendus morts dans les rues, et treize pri-sonniers, hommes de qualité, qui furent touspendus le même jour, quoiqu’ils offrissent degrandes rançons pour leur vie. Les soixante-sept têtes furent plantées sur le rempart où l’es-calade s’était faite quelques heures auparavant,et les corps jetés au Rhône . L’ennemi perditdeux cents hommes, y compris ceux qui pé-rirent dans le fossé et hors de la ville. Du côtédes Genevois, il y eut dix-sept hommes tués ettrente de blessés. Une épitaphe portant le nomde ces premiers se voit encore à Saint-Ger-vais (i). Le célèbre Théodore de Bèze , qui vi-
(i) Le nom en tête de l’inscription est celui de JeanCanal, magistrat vénérable, qui se fit tuer un des pre-
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