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temps étrangères aux arts qui décorent unevieille civilisation ; mais aucune des vertus che-valeresques du moyen âge (1) n’appartint à
(1) Le passage suivant exprime si bien notre idée, quenous ne pouvons nous refuser de le citer en entier :« Il n’est pas uniquement résulté du mal des siècles« de la féodalité; c’étaient des temps de trouble et d’op-<1 pression, mais non d’avilissement et d’esclavage; je%i m’explique : S’il se commettait beaucoup de vexations,« on résistait aussi fortement à l’injustice, et ces cheva-« liers, toujours armés pour repousser les agresseurs, et« ménagés par les princes, qui 11e pouvaient rien faire de« grand qu’avec leur coopération , ont incontestablement« rallumé dans les âmes le feu sacré de la liberté que la« monarchie romaine et la dégradation morale des peu-« pies écrasés par ce colosse, avaient éteint parmi les na-« lions civilisées. Nous devons à l’anarchie féodale du« moyen âge les premiers germes du système représenta-« tif, et l’esprit guerrier des nations franco-germaniques,« deux inestimables bienfaits qui empêcheront à jamais« la race humaine en Europe de tomber aussi bas, et d’être« foulée comme en Asie , par les plus vils esclaves d’un« despote sans âme et sans lumières. Tous ces donjonsdont« les ruines sont encore en si grand nombre, surtout dans« les pays de montagnes , et qu’on n’envisage que comme« des repaires de brigands, ont été des foyers d’énergie« et d’indépendance , et sont devenus les élémens d’un« ordre social qui, long-temps après être sorti du chaos« de la féodalité, sut en conserver toute la vigueur. Nousu avons déjà eu occasion de remarquer que le sénat de« Berne fut, dès l’origine , composé de barons puissans et« guerriers, et que l'esprit militaire, la dignité et la nohle