CHAPITRE XXXIV. [\ | f)
îles médailles pour en conserver le souvenir.Sept individus avaient été exceptés de l’amnis-tie générale;de ce nombre était ce Clavière quia depuis joué un rôle dans la révolution fran-çaise. Nous n’en parlons ici que parce qu’ilfournit un exemple, parmi beaucoup d’autres,de l'influence qu’exerce l’orgueil blessé, ou laseule vanité, sur les opinions politiques, ouau moins sur le choix d’un parti : elle a causéplus de révolutions que la tyrannie elle-même.Clavière était né à Genève d’un père étranger;ainsi, quoique bourgeois , il n’était pas citoyen,ni éligible au conseil : riche et homme d’esprit,il aurait pu néanmoins être admis dans la hautesociété ; mais il faisait le commerce , et safemme était née dans les rues basses , circon-stances alors surtout décisives. Exclu ainsi dupouvoir et de la bonne compagnie , Clavièrey aspirait pour ses enfans,mais les effortsqu’il fit à leur naissance pour les faire admettredans ces sociétés de l’enfance qui marquentdans le pays le rang futur des citoyens (1), fu-rent sans succès. Sa femme pensa en mourirde chagrin, et lui se fit patriote. Exilé en 1782 ,Cdavière s’établit à Paris , et la révolution fran-çaise l’y trouva. Il était fort lié avec Brissot et