CHAPITRE XXXIV.
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Genève, et son père, lord Stanhope, leur of-fraient des terres dans le comté de Derby, etlord Shelburne les invitait également à passeren Angleterre; l’Irlande semblait leur présen-ter de grands avantages, et ils étaient sur lepoint de se rendre à l’invitation du lord lieu-tenant et de plusieurs seigneurs irlandais , lors-qu’unchangement de ministère, dérangeant cesplans, donna le temps à l’amour du pays et àdes considérations de prudence , de surmonterle ressentiment; quelques uns d’eux passèrentla Manche , d’autres l’Océan; mais on aban-donna toute idée d’émigration en masse , soitdans la Grande-Bretagne, en Amérique ou enAllemagne , car l’électeur palatin et plusieursautres princes souverains avaient aussi fait desoffres libérales.
Il semble peu généreux de dire, ce qui estpourtant vrai, que malgré la beauté intrinsè-que de la liberté et ses avantages très réels,ceux qui la servent s’aperçoivent quelquefoisquand ils l’ont perdue, et que le moment d’exal-tation est passé, qu’après tout on peut vivrefort bien sans elle , et jouir de son bien, quoi-que le titre en soit égaré. L’amour de la liberté,comme tout autre , doit bien autant de sonénergie à ce qu’il imagine qu’à ce qu’il sent:il est également sujet à changer d’objet, etpasse, par exemple, sans peine à l’amour du