CIIAPITRK XXXV.
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les sentimens habituels qui animaient les deuxgrandes divisions de la Suisse reprirent bientôtleur empire; catholiques et protestans se ran-gèrent en conséquence du parti de la ligue oude celui de Henri de Navarre : on comptait dansles deux armées vingt-deux mille Suisses jour-nellement exposés à s’entre-détruire, et avecd’autant moins de répugnance, qu’ils parta-geaient la haine religieuse des deux partis.
Dans le canton d’Appenzel , les magistratscatholiques ayant renvoyé quelques ministresprotestans , il s’éleva une querelle si opiniâtreentre les deux communions, que les autrescantons furent obligés d’intervenir pour empê-cher l’effusion du sang; ils assurèrent la paixpar l’expédient tout nouveau d’une espèce dedivorce national : le pays fut divisé égalemententre les deux communions, dont une rivièremarqua les limites; les protestans passèrentd’un côté et les catholiques de l’autre, vendantet échangeant réciproquement leurs champs etleurs maisons. Ces deux divisions prirent le nomde Rhodes intérieurs et Rhodes extérieurs ; cha-cune d’elles envoie à la diète ses députés, quivotent conjointement, et sont par là forcés des’accorder. Les deux partis ont, depuis cetemps-là, toujours vécu en bonne harmoniedans le canton d’Appenzel . L’influence desgrandes maisons de commerce protestantes dén. 28