CHAPITRE XXXVII. 485
même les villes, n’y avaient de députés. Lepays de Vand passa ensuite sons la dominationdes empereurs d’Allemagne , puis de la maisonde Savoie, qui le garda trois cents ans sans as-sembler les états-généraux plus de deux outrois fois. Ils paraissent avoir été composés alorsde huit hommes d’église, vingt nobles et qua-torze députés des villes. Quelques querelless’étant élevées entre deux branches de la mai-son de Savoie, les villes en profitèrent pourétendre leurs franchises et obtenir des chartesparticulières , en retour de secours d’hommeset d’argent qu’elles accordaient (i). Le grand-bailli du duc assemblait de temps à autre lesnobles et les bonnes villes du pays de Vaud ,pour traiter de ces objets. Il est présumableque ces assemblées seraient devenues consti-tutionnelles, et auraient garanti la liberté ci-vile des nobles et bonnes villes; mais le peuplede la campagne n’y avait jamais eu aucunevoix, et se trouvait, lors de la conquête des
(i) Ce magistrat, plus grand seigneur qu’aucun autrebailli bernois n’a pu l’être, était pris parmi les gentils-hommes Vaudois ou Savoyards; lesBionai, les Senardens,lesCerjat, les Loys, etc. Ces familles se sont trouvées nonseulement déchues de la prérogative de remplir la placede grand-bailli de leur pays , mais soumises à des baillisbourgeois, dont les pères étaient bouchers ou boulangersà Berne .