CHAPITRE XXXVIII.
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Berne ;on raconte ainsi l’origine de cette haine:Par une ancienne coutume de la cour d’appelde Berne , tout avocat qui se chargeait d’unecause frivole et vexatoire, et la perdait, pouvaitêtre emprisonné pendant vingt-quatre heures.Rewbel, avocat à Besançon , plaidant à Berne la cause de quelques juifs de sa ville, avait en-couru cette peine; la cour la lui rappela sansl’infliger; il n’en conçut pas moins beaucoupde ressentiment, et dans la suite le souverainvengea l’injure de l’avocat.
Un détachement de l’armée française s’em-para de Genève par surprise, le i 5 avril 1798 ,malgré les assurances positives du ministrefrançais , Adet, qui disait aux magistrats decette ville : Je vous assure que la républiquefrançaise nefera jamais rien de contraire à votreindépendance ; cette parole que je vous donne }la république française la tiendra : les tyransseuls ont la prérogative d’être parjures. Quelquesmois après , cette même république françaises’incorpora arbitrairement la république de Ge nève ! Intrigues, promesses, mesures de rigueur,avaient été prodiguées en vain pour obtenir desGenevois le sacrifice volontaire de leur indé-pendance: quelle fut leur surprise après qu elleleur eut été ainsi arrachée, de lire dans les ga-zettes des phrases sur Vexpression de leur re-connaissance , et Vivresse de leur joie , au sujet