56 o ESSAI HISTORIQUE,
tie des villes protégea le peuple contre elle.Enfin le gouvernement féodal eut égalementses beaux jours en Suisse : il s’accordait avecla simplicité des fondateurs de la liberté helvé tique , et de nouveaux auxiliaires ou plutôt denouveaux associés de la grande ligue de petitescommunautés étaient plus faciles à obtenir lors-qu’on n’exigeait pas d’eux le sacrifice de leurindépendance particulière. La faiblesse de celien politique ne devint manifeste qu’a près labataille de Moral en 147b : les temps héroïquesqui précédèrent cette grande bataille n'étaientpas susceptibles des petites passions égoïsteset jalouses; mais lorsque les Suisses furent re-devenus des hommes ordinaires, leurs diverscantons ressentirent les uns pour les autrescette haine que les nations étrangères éprou-vent d’autant plus qu’elles sont plus voisines;chaque cantou apprit à calculer le danger avantd’embrasser la défense de celui qui réclamaitdu secours ; des querelles interminables s’éle-vèrent, et la diele put rarement s’accorder surdes mesures d utilité générale ou les faire exé-cuter. La réformation vint, à la vérité, changerle motif de leurs dissensions, et les épurer meme,mais en augmenta la violence; et une longuesuccession de guerres de religion laissa le lienfédéral plus faible que jamais.