570 ESSAI HISTORIQUE ,
que les alliés respecteraient une neutralitécomme celle-là.
Les circonstances qui amenèrent la violationdu territoire suisse , en 1798 et en 181 3 , ont beau-coup plus d’analogie qu’on ne se l’imaginerait,et elles ne sont pas sans intérêt à l’égard de lamorale comme de la politique. Les étrangers,àl’une et l’autre époque, comptèrent sur le peud’accord qui existait entre les gouvernails et lesgouvernés dans les cantons aristocratiques aumoins, ainsi qu’entre les cantons eux-mêmes,les Français se flattant d’avoir le peuple poureux, et les alliés pensant que les gouverne-mens 11e leur seraient pas défavorables : c’estune grande leçon pour la Suisse .
On a répandu des doutes sur la nature desrelations entre les chefs de l’armée autrichienneet ceux des anciennes classes privilégiées enSuisse ; ils venaient des propos de sir RobertWilson, qui dit tout haut au quartier-généraldes alliés à Bâle , que le passage de leur arméeavait coûté beaucoup à l’Angleterre; ils venaientencore de la mission de M. Senft-Pilsach et durenversement du gouvernement de la médiationqu’il opéra à Berne ; enfin, de quelques motséchappés à Alexandre, contre le parti qui avaitsouhaité ou souffert la violation du territoirehelvétique , malgré l’assurance positive de pro-