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ne sent plus ces exhalaisons ammoniacales qui vicient l’air dansles anciennes exploitations rurales.
Vous vous rappelez, Monsieur le Ministre, que notre compa-triote, M. Decrombecque de Leos, l’un des premiers, a donnécet excellent exemple, et bien d’autres qui lui ont valu l’hon-neur de fixer l’attention de M. le Président de la République etla vôtre à l’Exposition nationale de i84q-
C’est ainsi qu’en Angleterre, comme en France , la fabricationdes engrais a réagi déjà sur les habitudes des fermes. Les nouveauxet grands travaux industriels du même genre qui se préparent etles recherches expérimentales que vous instituez à l’Institut agro-nomique de Versailles concourront à perfectionner et à répandreces utiles méthodes, car, dans ma conviction, la fabrication desengrais factices est plus avancée et plus variée en France qu’en An-gleterre.
Mais, je crois devoir le dire ici, quelques mécomptes gravespeut-être, menaceraient les agriculteurs trop confiants.
S’il doit aujourd’hui leur paraître évident que les meilleursengrais commerciaux sont ceux dont la composition, riche ensubstances azotées, les rapproche des débris animaux, tels quela laine en poudre, le sang et la chair desséchés, les plumes cou-pées, les râpures de corne et d’os, le noir des raffineries, lesurines et les déjections solides desséchées, le guano, etc., dontles effets favorables sont nettement démontrés, ils auront, suivantles cours et les circonstances locales, à choisir entre ces engrais;ils devront parfois joindre ce qui peut manquer à leurs terres ensubstances minérales particulières, et ils donneront la préférenceà celles de ces matières minérales que l’interposition des matièresorganiques rend plus faciles à désagréger.
Mais, pour être guidés dans leur choix, pour tirer de leursessais et de leurs sacrifices le fruit qu’ils en attendent, pour êtremis à même de distinguer entre les excitants, qui donnent unevégétation luxuriante, capable d’épuiser le sol en quelques an