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Plus tard, on établit des magasins, on disposedes approvisionnemens sur les points militairesdésignés par les plans de campagne. C’est cequ’ont pratiqué , sous Louis XIV et sousLouis XV, les plus grands ministres, MM. deLouvois, d’Argenson, etc. Mais qui ne voit quece régime administratif condamne inévitable-ment à une stratégie très-circonspecte, à uneguerre méthodique, lente, peu susceptible d’a-voir de brillans et utiles développemens?
Quand on veut secouer ce joug, on com-mence par établir une guerre d’invasion, et onfrappe des réquisitions sur le pays ennemi, àmesure qu’on l’occupe : c’est ce qu’ont fait lesgénéraux de la révolution. Ces réquisitions sontessentiellement bornées dans leurs résultats;leur succès dépend d’une foule de circons-tances, des moyens du pays, de l’abondance oude la stérilité de l’année, des victoires ou desrevers, des marches en avant ou des retraites. Se-lon ces chances diverses, les réquisitions man-quent ou s’effectuent, s’étendent ou se restrei-gnent, et quelquefois refluent sur l’intérieur, etviennent y aggraver l’impôt ordinaire et régulierd’un impôt irrégulier et illimité.
Enfin, nous avons vu une autre méthode :on s’emparoit du pays, on commençoit à l’ad-ministrer, dès l’instant de l’occupation. Cette