Band 
Tome deuxième.
Seite
118
JPEG-Download
 

( n8 )

Turcnne, après une marche savante, qui avoitjeté l’ennemi dans l’incertitude en le menaçantsur plusieurs points, étoit venu investir Dun-kerque.

L’armée espagnole marcha alors à lui ; ellevenoit du côté de la Hollande, ayant la mer à sadroite; son intention étoit de faire lever le siègede Dunkerque; dès qu’elle fut arrivée sur lesdunes, qui environnent cette place du côté duNord-est, les troupes françaises vinrent se pos-ter devant elle.

Don Juan d’Autriche qui commandoit en noml’armée espagnole', et don Estevan de Gamarre,qui la commandoit de fait, crurent qu’ayantobligé Turenne de se placer entre la ville et leurarmée, ils l’avoient mis dans une mauvaise po-sition dont il auroit de la peine à se tirer avechonneur.

Vainement le prince de Condé, alors proscriten France et qui étoit avec eux, ainsi que le ma*réchal d’Hocquincourt, leur annonçoit qu’ilsseroient eux-mêmes les premiers attaqués; tan-tôt ils refusoient de le croire, tantôt ils affeç*toient de le desirer.

Condé, avec la cavalerie, occupoit, à la gau*che de l’armée espagnole, des quarrés de prairiecoupés de canaux qui ne lui permettoient guèrede mettre plus de trois escadrons en bataille d’un