Band 
Tome deuxième.
Seite
138
JPEG-Download
 

( t38 )

quartier-général des troupes saxonnes donneravis qu’on pouvoit passer la mer à gué, et péné-trer sans peine au retranchement des Suédois.

Le roi de Prusse ne tarda pas à profiter decette notion.

Le lendemain, à minuit, le vent d^occidentsoufflant encore, le lieutenant-colonel Coppenentra dans l’eau, suivi de dix-huit cents hommes;deux mille s’avançoient en même temps sur lachaussée qui conduisoit à ce retranchement ;toute l’artillerie des Prussiens tiroit, et les Da-nois donnoient l’alarme d’un autre côté.

Les Suédois se crurent sûrs de renverser cesdeux mille hommes qu’ils voyoient venir, si té-mérairement, en apparence, sur la chaussée;mais tout à coup Coppen, avec ses dix-huit centshommes, entre dans le retranchement, du côtéde la mer. Les Suédois, entourés et surpris, nepurent résister; le poste fut enlevé, etc.

Le général le plus habile, qui néglige ou mé-prise des notions de cette nature, peut se jeterdans de grands embarras.

Si César, en Espagne, avoit été moins préoccupéde ses desseins politiques, s’il avoit été unique-ment et vertueusement général romain, commeScipion, il n’auroit pas failli à être victime d’uneignorance impardonnable, et qui auroit été dis-