iv PRÉFACE,
qu’on n’imagine pas que ce soit par un sentiment trop vif dessuites de ces événemens , mais pour me concilier l’indulgencede mes lecteurs , relativement aux fautes qui ont dû nécessai-rement m’échapper , après un si long divorce d’avec les ma-thématiques.
- J’ai donc osé entreprendre la suite de cette histoire pendantle siècle à la fin duquel nous touchons j et cette partie formeradeux volumes in-quarto , qui paroîtront après ces deux pre-miers. Cette étendue ne paroîtra certainement pas trop consi-dérable à quiconque aura quelqu’idée de l’accroissement étonnantde ces sciences pendant ce siècle.
Tout lecteur intelligent sentira sans peine, et a dû sentir dèsla première édition de cet ouvrage , les difficultés que j’ai eue 3à surmonter pour remplir un pareil plan. Que de livres à lire ,extraire, parcourir et comparer, pour rassembler les matériauxde mon édifice 1 J’ajouterai à cela la connoissance des languesprincipales de l’Europe , pour pouvoir consulter une foule delivres non traduits. Heureusement j’avois été dès ma jeunesseun peu atteint de la glossomanie. Je ne dis rien de la nécessitéd’allier à ces recherches une connoissance suffisamment ap-profondie de toutes les parties des mathématiques , dont lesystème est si vaste; c’étoit le premier élément de mon projet.Et qu’auroit fait sans cela le téméraire qui auroit formé unepareille entreprise , si ce n’est un ouvrage vuide de choses , etplein de fautes propres à apprêter à rire aux mathématiciens ?Ce n’est pas tout : les matériaux de cet ouvrage rassemblés ,il falloit les mettre en ordre , et en former un tout dont lesparties eussent de la liaison entr’elles ; écrire enfin une histoire ,non une chronique décousue. Cela f’aisoit dire au célèbre Wolf,qui désiroit fort l’exécution d’une pareille entreprise , et qui ensentoit les difficultés , qu’une bonne histoire des mathématiquesne paroîtroit que ad graecas calendas. C’est son expression.Ces difficultés , j’ai tenté de les surmonter. Si j’y ai quelquefoiséchoué, peut-être au moins me saura-t-on quelque gré de mesefforts.
J’ai dit plus haut, et je l’ai dit avec confiance , qu’à peine