18 HISTOIRE
sont destinés à penser dans le cours de leur vie. Ainsi , b]c-nloin que le témoignage île Sociale puisse servir à déprimer lesmathématiques , nous tirerons des faits même qu il avoue uneconséquence toute contraire.
Nous pouvons recueillir dans tous les siècles une suite de suf-frages qui ne sont pas moins favorables à ces sciences que ceuxdes philosophes de l’antiquité. S il se tiouve dans ces temps té-nébreux, dont le règne a été si long en occident, quelqueshommes dignes d’un âge pins éclairé , et qui ont pris l’essorsur leurs contemporains , lions remarquerons qu'ils les ont oucultivées, ou appréciées avec justice. Tels lurent le fameuxBoëce , Cassiodorc , dans le sixième siècle ; le célèbre Jicdc ,Alcuin ,son disciple, et précepteur de Charlemagne ans le hui-tième; Gerbert , dans le dixième; Albert le Grand , RogerBacon , et quelques autres dans le treizième : tous ces per-sonnages , d’autant pins respectables qu’ils ont su se faire jourau travers de l’ignorance (t de la barbarie de leur siècle, cespersonnages , uis-je , aimèrent et estimèrent les mathématiques,et quel pies-uns d entr’cux les cultivèrent avec ardeur: témoinRoger Bacon , dans les cciits duquel en trouve les germesde tant d’inventions biillantcs; témoin Gerbert, qui, épris deces connoissances, alla chercher chez les Arabes des secoursque la chrétienté ne lii l'omnisscit pas , qui apporta dansce pays-ci l'arithmétique arabe, dont nous faisons usage, ets’éleva p ir son mérité jusqu'au trône pontifical.
Passons à présent aux modernes; nous verrons que les phi-losophes les plus illustres qui ont lleuri depuis la renaissancedes lettres, ces hommes à qui le genre humain doit une partiedes lumières dont il jouit aujomdhui, ont cultivé ou appréciéjustement les mathématiques. Tel fut l'illustre chancelier d’An-gleterre , ce profond génie qui, dans un temps qui n’étoit quele crépuscule du grand jour qui nous éclaire aujourd'hui, traqoità l'esprit humain la roule qu’il devoit tenir pour perfectionner lessciences. Les mathématiques lui parurent un moyen indispensablepour la restauration et l’avancement de la physique , à laquelle ilexhorte si fort de s'appliquer. Qui ignore que Galilée , ’Tor-ricelli. , Descartes , l’ascal, tinrent les premiers rangs parmiles mathématiciens de leur temps, et qu iis cruichircnt la phy-sique des découvertes les plus brillantes r Boy le , le principalrestai rateur de la physique expérimentale , a regretté plus d’unefois ( i ) de n’avoir pas pénétré assez profondément dans lesmystères de la géométrie et de l’analyse : néanmoins on ne
* la » ,
peut pas dire qu’il y fût étranger, scs ouvrages témoignent le
(i) In Confia, circa util'.t. PAU. experim. extreit. 6.