ï4S HISTOIRE
imbécille qu’on nous le représente. Ce philosophe admettoitcette partie du système Pythagoricien, qui fait les planètes habi-tées. Cicéron nous l’apprend (i), et Lactancc (2.) l’expliqued’une manière qui nous montre que ce père de 1 église étoitmoins versé dans les matières philosophiques , que dans lathéologie et la morale ; car après bien des absurdités qu’il metde sou chef dans l'opinion Pythagoricienne , il y en trouve unegrande à penser que nous soyons à quelque corps céleste, ceque la lune est a nous. Il n’est cependant aujourd'hui personnequi ignore que rien 11’est plus vrai ; et qu’indépendamment detout système sur la nature et la destination des planètes, notreglobe vu de la lune, y présentcroitd'apparence que celle-ci apour nous. Mais comment concilier ce sentiment de Xénophaneavec le premier des dogmes absurdes qu’on lui impute ? s’ilpensoit, suivant Cicéron, que la lune étoit une terre couvertede montagnes et de villes , comment cela se peut-il accorderavec son opinion sur la profondeur infinie de la terre ?D’ailleurs Lactancc le traite d’insensé d’avoir cru que la luneétoit 28 fois ■ aussi grande que la terre. Il se trompoit à lavérité grossièrement; mais cette erreur même preuve encorequ’il ne pensoit pas que la terre fût infinie en profondeur : cesremarques me paroissent propres à confirmer ce que j’ai ditailleurs sur le peu de foi qu’on doit ajouter aux historiensqui attribuent à ces ancians philosophes des opinions si dé-raisonnables.
Le célèbre philosophe d’Abdère va nous occuper maintenant,et nous fournir des traits plus intéressans. Profond mathéma-ticien, physicien ingénieux, éclairé dans la inorale, ayant enfindes conrioissances dans les arts, soit libéraux, soit méca-niques, il mérita, au jugement de Socrate même, d’être com-paré à ceux qui ont remporté la.palme dans les cinq espècesde combats des jeux olympiques ( 3 ). Que de lities pour luidécerner un rang parmi les hommes qui ont le mieux méritédes sciences ! Mais plusieurs de ces objets sont absolumentétrangers à notre pWm. Nous nous bornerons donc à scs con-noissances mathématiques , et à celles de ses opinions physiques,qui sont les plus remarquables, ou dont la succession des tempsa montré la justesse.
lJémocrile s’adonna avec grand soin à la géométrie , et ilparoît que cette science lui dut beaucoup. Nous conjecturonspar divers titres d’ouvrages (4I, qu’il fut un des principauxpromoteurs de la doctrine élémentaire sur les contacts dLos
(1) Acart. Quaest. 1 . 4. (3) Diog. in Democrit**.
(--) Instit. div. 1 . 3 , 2J. (4) Ibid.