160 HISTOIRE
dans 19 ans, en raisonnant comme le lait Scalvger, on luiattribueroit une erreur grossière sur la grandeiur de l'annéesolaire et des révolutions de la lune.
Méton et Eue té mon parurent eniin , et proposèrent leurcélèbre eunéadécatéride , ou cycle de 19 ans. C’etoit une pé-riode de 19 années lunaires, dont douze étoient communes,ou de 12 lunaisons, et les sept autres de 10, ce qui iaisoiten tout a 35 lunaisons ; les années où l’on intercaloit étoientles 3 e , 6 e , 8 e , II e , 14 e , 17 e , 19 e - Il laut remarquer queMéton- changea aussi quelque chose à la distribution des moiscaves et pleins. Dans l’usage ordinaire, l’année commune enavoit autant de pleins que de caves. En le conservant et enfaisant tous les mois intercalaires pleins , celan’auroitcomposé que121 lunaisons pleines, et 114 caves. Méton voulut qu’il y eneût ia 5 des premières, et 110 seulement des dernières. Par cemoyen les mouvemens de la lune et du soleil sont très-heu-reusement conciliés; et ces deux astres se rencontrent à la finde la période, à très-peu de chose près , dans le même lieudu ciel, d’où ils étoient partis au commencement. Ce cyclefut établi l’an-433 Julien avant J. C., le 16 juillet, dix-neuvièmejoyr après le solstice d’été ; et la nouvelle lune qui arriva cejour à sept heures tfi? du soir, en fut le commencement, lepremier jour de la période étant compté du coucher du soleilarrivé la veille. Méton choisit à dessein cette nouvelle lune ,quoique plus éloignée du solstice que la précédente, afin den’être pas obligé d intercaler dès la première année. Car l'annéeGrecque étoit telle que la pleine lune de son premier moisdevoit être postérieure an solstice , à cause des jeux olympiquesdont la célébration étoit fixée au milieu de ce premier moisaprès le solstice d’été. Méton exposa à Athènes, et probable-ment devant la Grèce assemblée à ces jeux célèbres, une tableoù l’ordre de sa période étoit expliqué , et l’applaudissementavec lequel elle fut reçue de la plupart des nations Grecques,lui fit donner le nom de cycle on de nombre d’or; nom quilui a été confirmé par l’accord universel de tous les peuplesqui se servent d’une année luni-solaire , et qui l’ont adoptée,ou accommodée à leurs usages.
Quelques éloges que mérite cette » invention, on en con-cevroit néanmoins une fausse idée, si on la regardoit commeparlaite. Elle avoit un défaut qui exigea bientôt apres une cor-réel ion : les 235 mois lunaires, tant caves que pleins, qu’ellecomprend, forment 694*» jours. Mais cet intervalle est plus longde quelques heures qu’il ne faut, pour s’accorder parfaitementsoit avec le mouvement du soleil, soit avec celui de la lune.Car 19 armées solaires de 365 i 6'* , font seulement 6909 jours
et