DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. III. iîjsemblablement les Pythagoriciens ne les donnèrent pas. Ondoit seulement être surpris que d’aussi foibles objections quecelles d'Aristote, ayent pu tenir, pendant une si longue suitede siècles, l’esprit humain dans l’esclavage. Nous remettons àles l'appeler, jusqu’à ce que nous soyons arrivés au temps deCopernic.
Les écrits d'Aristote nous présentent quelques traits de deuxbranches principales des mathématiques mixtes -, je veux direde l’optique et de la mécanique. A la vérité , ils y sont encoretellement défigurés par l’erreur, qu’on ne peut les regarder quecomme une grossière ébauche de ces sciences. Ses questionsmécaniques , ouvrage qui lui a fait tant d’honneur dans untemps ou il suftisoit qu’il eut parlé pour entraîner les suffrages,ne lui attireront pas les mêmes éloges des mécaniciens mo-dernes. Ils trouveront sans doute que la plùpart des explica-tions qu’il donne sont entièrement fausses, et que la princi-pale et la première est tout-à-fait ridicule. Nous allons mettreles lecteurs à portée d'en juger. 11 s’agit de donner la raisonpour laquelle le levier ou la balance à bras inégaux, met enéquilibre des poids ou des puissances inégales. Aristote la cherchedans les propriétés merveilleuses du cercle , dont il fait la puérileénumération ; après quoi, il n’est pas surprenant, dit-il, qu’uneligure si féconde en merveilles en produise une , en mettanten équilibre des puissances inégales. Tel est le raisonnementpar lequel débute la mécanique d 'Aristote, raisonnement qui,malgré son ridicule , n’a pas laissé d’être admiré, expliqué etdéveloppé en forme par plusieurs de ses commentateurs ^ 1 ).
Nous remarquerons cependant, qu 'Aristote avoit proposéailleurs un principe très-propre à rendre raison du phénomènequ’il entreprenoit d'expliquer. C’est dans sa physique ( 2 ), oùil dit asseA clairement que si deux puissances se meuvent avecdes vitesses réciproquement proportionnelles, elles exercent desactions égales. Ce principe semble s'appliquer de lui-même,non-seulement au levier , mais encore immédiatement à toutesorte de machines. Car si deux poids , ou deux puissances sonttellement liées entr’elles, qu’elles ne puissent se mouvoir sansprendre des vitesses en proportion réciproque de leurs forces,il y aura nécessairement de part et d’autre des actions égales,et par conséquent équilibre, puisque sans cela, il aniveroitqu’un effort en surinonteroit un autre, précisément égal etopposé ; mais Aristote n’apperçut point cette liaison, quoique
(1) Monantholius. ht quaest. Mech. (î) Lib , I , c. ult..
Arist. Leonicus Thomæus, Blancanus ,loca. Arist. Math. Septalius, etc.
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