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Tome premier.
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Ujo H I S T O I R E

qui avoit été disciple d Aristote , et par conséquent il fut au

moins contemporain de ce dernier.

Pythe'as fut envoyé, à ce que Ton croit, par la républiquede Marseille, pour reconnoître de nouveaux pays vers le Nord,tandis quEuthymene alloit en découvrir du côté du Midi.On ne sait rien île plus de celui ci. Quanta Pylheas, il pénétrajusquaux dernières barrières de l'Europe, et il fut jusques danslîle de Thulé, aujourdhui lIslande. Le phénomène quil ob-serva, savoir que le soleil au solstice dété touchoit seulementlhorizon, et reinontoit aussi-tôt, est une preuve de la véritéde sa relation , en ce quil dit avoir été dans ces pays sep-tentrionaux. Car celte île est précisément un des lieux, loncommence à observer un pareil phénomène. Strnbon, ennemidéclaré des grands voyages , et Volybe lont traité de men-teur ( 1 ) , et sa relation dimposture ; mais on répond facilementà lun et à lautre. Quelques expressions inintelligibles ou destyle ligure, qui se trouvent dans cette relation, ne sont pointsuffisantes pour la faire rejeter en entier; et à légard deVolybe , (jui sétonnoit quun homme sans richesses eût ainsivoyagé, cest une objection encore plus foible. Qui ignore quechez un peuple dont le commerce maritime fait la puissance,rien nest plus ordinaire que ces entreprises de découvertes ,formées soit par le gouvernement même , soit par des parti-culiers opulens, qui sestiment heureux de. trouver des genscurieux et intrépides, pour seconder leurs vues? Gassendiavoit autrefois écrit une justification plus détaillée de sonancien compatriote (2), à laquelle les auteurs de lhistoirelittéraire des Gaules auroient pu avoir plus dégard. M. deBougainville a donné sur Vythéas, une dissertation éten-due (3), à laquelle je renvoie pour le surplus de ce qui leconcerne comme géographe. Je passe à une discussion astro-nomique plus intéressante, à laquelle cet ancien astronome adonné lieu.

Vythéas est célèbre en astronomie, par une observation dela hauteur du soleil au solstice dété, faite à Marseille avecun gnomon dune hauteur considérable. Llle nous est rapportéeavec cette circonstance par Cléomède (4), et ^ es astronomesmodernes, partisans de la diminution de lobliquité de léclip-tique , dans un temps elle nétoit pas encore démontrée ,tiroient de cette observation une forte preuve de leur opinion.

(1) Ihid. par Torster, édit, franc. Pans , 1778,

(2) Op. t. 4 , p. 531. in- 8°.

(3) Mém. des lnscript. t. 20. Voyez (4) Cyclica Theor. 1 . I, c. 7.aussi lhistoire des voyages au Nord ,