HISTOIRE
dans l’année primitive ; et en effet nous trouvons cette idéechez les Arabes et les Persans. Les astronomes, dit un auteurPersan du douzième siècle , cité par M. Anquetil, pensent quela vie du monde, depuis que l'astre Hamel ( le Belier) , a com-mencé son mouvement , jusqu’il l’entrée du Calife Motawakelà Damas ( l’an 868 de J. C. ), étoit de quatre mille foismille , et 020 mille ans ou 4,820,000 ans. Or, ce nombre estle produit de 24,000 par 180, d’où il suit que leur opinion,étoit, que depuis la création du monde jusqu’à l’an 888 , ils’étoit écoulé la moitié de la grande période. Cette idée a beaucoupd'analogie avec celle de Bramali, qui , selon la mythologie desIndiens , a vécu aujourd’hui un peu plus que la moitié de sonâge, si ce 11’est qu ils ont pris pour un jour de Bramali, ladurée entière de la période. Il est au reste à remarquer, à l’égardde cet auteur Persan , nommé Harnza d’Hispahan , que quoiqu’ilentre dans le détail et l’explication de toutes les ères et époquescélèbres connues dans l’Orient, il ne dit pas un mot des YongamsIndiens; d’où il est probable que cette idée de la grande annéea postérieurement passé de l’Arabie et de la Perse dans l’Inde,et que les Indiens l’ont ensuite revêtue d’une forme mythologique,en faisant de cette période entière un jour de Bramali. Il n’y aen tout cela qu’une période astronomique fictice, etsesélémenssemblent le démontrer ; mais c’est assez et trop long - tempsmarcher ainsi au milieu des demi-lueurs des conjectures.H nus dirons seulement que nous sommes fort portés àadopter l'avis de M. Anquetil , qui pense que ce seroit sefatiguer fort inutilement que de tourner et retourner ces pé-riodes , prenant des mois, des jours etc. au lieu d’années, pour ytrouver quelque période d’années plus rapprochée de nos calculs.On s^ait d’ailleurs qu’il n’est rien dont, au moyen de pareillescombinaisons, on 11e vienne à bout; parce que , partant duprincipes que le mot année peut être entendu , soit d’une année,soit d’un trimestre, d’un mois , d’un jour , au besoin même d’ur.eheure ou d’une minute , avec de l’adresse et de la patience onfait tout cadrer à ses idées ; j’en citerois volontiers pourexemple les recherches de M. Lovs de Che.maux , sur la périodeda Daniel. Je termine donc ici cette discussion plus curieusequ’utile : mais comment parler des Indiens , sans toucher aumoins ce sujet ?
III.
Personne ne nous a donné des connoissances plus détailléeset plus précises sur l’état de l’astronomie des Indiens et sur leurspratiques astronomiques, que M. Legentil, de l’académie royale