DES MATHÉMATIQUES. Part. III. Ltv. I. ôcç>en est guéri , encore n’est-ce que dans la partie la plus éclairéede l’univers. C’est une triste réflexion enfin, que c’est peut-êtreà cette chimère que nous devons la conservation des ouvragesdes anciens mathématiciens, et sur-tout des astronomes. Carl’astrologie suppose la connoissance des mouvemens célestes ;cette connoissance exige à son tour les secours de la géométrieet d’autres parties des mathématiques , en sorte que c'est peut-être à cet art imposteur et frivole , que nous devons une partiedes connoissances solides que l’antiquité avoit déjà acquisesdans les mathématiques.
Quoi qu’il en soit, l’astronomie eut dans ce siècle, deux pro-tecteurs zélés et puissans. L’un fut l’empereur Frédéric:Il , et lesecond , Alphonse X , roi de Castille. Le nom de ce dernierforme même, dans les fastes de cette science, une époque mé-morable.
L’Europe doit aux encouragemens de Frédéric II, la premièretraduction de l’Alrnage&te de Ptolémée, ouvrage qui commençaà faire connoître la vraie et solide astronomie. Car jusques làelle avoit été uniquement puisée dans quelques sources détournéesde l’Arabe. Comme néanmoins le Grec étoit profondémentinconnu dans l’occident, ce fut encore d’après l’Arabe quecette traduction fut faite ; mais eidin c’étoit Ptolémée , quoiquodéfiguré par les traducteurs de cette nation. Elle fut vraisembla-blement l’ouvrage de Gérard de Sabionetta , communémentappelle de Crémone, et non d’un autre Gérard de Crémoneou de Carmona , qui paroît être mort en 1187 , et qui passala plus grande partie de sa vie à Tolède , où il mourut. Carcelui-ci n’auroit pu travailler pour Frédéric II, qui monta surle trône impérial en 1218 , mais seulement pour Frédéric I, ditllarberousse, qui ne fut jamais réputé un grand amateur dessciences , au lieu que Frédéric II fut non seulement un zéléprotecteur des sciences et des lettres, mais encore très-instruit,et même auteur d’un poème latin sur la chasse des oiseaux.On ajoute qu’il étoit fort Yersé en astronomie , et que parmiles objets qui lui étoient les plus chers, étoit un globe ou unesphère céleste , dont la surface représentoit les constellations ,et dont le dedans offroit la disposition et les mouvemens descorps célestes.
Je reviens à Gérard de Crémone ; on lui dut aussi une tra-duction du commentaire de l’astronome et géomètre Geber ,sur l’Almageste , ainsi qu’un petit traité d’Alhazen, sur lescrépuscules. J 1 fut aussi auteur de certaines Théoriques desplanètes , qui furent pendant long- temps une espèce de livreclassique, mais qui , suivant Iîegiomontanus , n’en étoientpas moins un tissu de délires et de bévues. Cet astronome