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Tome premier.
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567
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DES MATHÉMATIQUES. Pailt. III. Lit. III. 56 ?

III.

Nous allons maintenant parcourir les diverses parties de l'Eu-rope, et faire connoître les travaux et le méiife des princi-paux géomètres qui y fleurirent durant le .cAième siècle, etqui tentèrent par des ouvrages, autres que des traduction. oucommentaires, à étendre le champ des mai.hr-iiiftiques. Il estjuste que rnnrs commencions, par ITalie d sont, en quelquemanière , sorties les premières étincelles des sciences et des arts.

Nicolo Tartalea ou Tartaglia, car il prit indifféremment l'unde ces noms dans différens ouvrages, nous occupera le p.e-mier, comme celui qui, parmi les mathématiciens dItalie,semble avoir joué le rôle le plus brillant , tant par ses diversécrits et inventions, que par ses démêlés avec un homme nonmoins célèbre, le fameux Cardan j nous le tâterons comme unexempte remarquable de ces hommes quon voit, de temps à autre ,se faire jour malgré les obstacles les plus capables d'étoufferle génie. Il étoit de Brescia, mais dn ne famille très-basse ettrès-pauvre, car son père faisoit le métier de messager; et cepère qui soutenoit sa famille , étant venu à mourir, elle tombadans une misère extrême. Pour surcroît de malheur , Tartaleaétoit à Brescia, quand les François revenant de Naples, etayant gagné la bataille de Tornoue , prirent et saccagèrentcette ville. Il y reçut, quoique très jeune , plusieurs blessuressur la tête , qui le rendirent bègue , ce qui lui fit donner lenom de Tartaglia ou Tartalea. La nature fut son seul méde-cin ; car il n a voit pas de quoi payer le pansement de sesblessures. Revenu cependant de ce fâcheux accident, il apprità lire, je ne sais comment; mais pour apprendre à éciire ,il fut obligé de voler un maître, il qui il feignit de vouloirprendre un modèle des lettres de lalphabet. Cest lui même quinous instruit de ces faits dans son livre des Quesitl è invon-zionï diverse; mais il ne nous conduit pas plus loin. Il estaisé dimaginer quelles difficultés il lui fallut surmonler pourparvenir aux connoissawces quil sut acquérir. Ces difficultésne lempêchèrent pas de se faire un noin dans sa patrie ; ilprofessa les mathématiques à Venise, il fut considéré et con-sulté par tous les amateurs de ces sciences. Car on voit parplusieurs endroits de louvrage ci-dessus, quil vivoit dans unesorte de familiarité, avec ce que la république avoit de plusdistingué. Indépendamment de ses traductions dArchimède etdEucfide , on a de lui un grand ouvrage sur larithmétique ,la géométrie et lalgèbre (1); ouvrage fort bon pour son temps,

(x) General trattata di numeri c mi s arc di Nicolo Tartaglia , etc. la i 1 parte ,Yineg. 15 5 1, in-fol. la 2 1 e 3 1 , ibid. 15 56, la 4 , j 1 e 6 a parta , ibid. 1 56 o.