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tira alors à Bologne , où Cardan qui y exerçoit la médecine,lui procura une chaire de mathématiques. Mais il mourut aubout de l’annce , âgé de .p ans , et d’une manière quidonna lieu de penser qu’il avoit été empoisonné par sa sœur,qui hérita de sa fortune assez considérable. Quoi qu’il en soit,Cardan, en faisant l’éloge de son esprit, donne une idée fortdéfavorable de ses qualités morales ; le représentant comme undébauché, un impie, et un homme d’un caractère si colère ,que quoique son ancien bienfaiteur, il se faisoit peine de l’a-border. Faut-il que les qualités de l’esprit soient si fréquem-ment ternies par celles du cœur? Car Cardan lui-inême, con-sidéré moralement, n’étoit pas fort estimable.
Avant que de sortir de l’Italie, nous avons encore à parlerde Kaphael B embelli, qui Ht des decouvertes utiles en analyse,et dont l’algèbre parut en 1689. H développa d’abord danscet ouvrage , d’une manière plus claire, ce que Cardan avoitdit sur les équations du troisième et du quatrième degré. Al’égard de ces dernières , il ne Ht que suivre la méthode deFerrari. M. Wallis montre encore ici qu’il n'avoit lu Bombelliqu’avec beaucoup d’inattention : il tombe même à son égarddans une double faute i°. en lui faisant honneur de la réso-lution des équations du quatrième degré , que Bombelli attribueexpressément à Ferrari; a 0 , en disant que la méthode de Born-belli est la même que celle de Descartes. Cela est entièrementfaux, et il fallait être aveuglé comme l’étoit Wallis, par l’en-vie de déprimer le géomètre François, pour tomber dans unepareille inexactitude. Bombelli ne divise point, comme faitDescartes, une équation biquadralique , en deux du seconddegré, qui la produisent par leur multiplication mutuelle : iln’y en a pas la moindre trace même dans la page 3 â 3 quecite Wallis. Le principe de la solution de Bombelli, ou plutôtde Ferrari, est bien différent, comme on peut le voir par cequ’on a dit plus haut , et c’est une observation qui n’auroit paséchappé à Wallis, si Harriot eut été à la place de Descartes.
Bombelli fut plus clairvoyant que Cardan, sur le sujet ducas irréductible. Il prononça que malgré le déguisement de laracine sous une forme imaginaire , elle étoit toujours pos-sible : il fit plus , il le démontra à l’aide de certaines cons-tiuetions géométriques , dans le goût de celle que Platon donnapour la solution du problème de deux moyennes proportion-nelles. Il remarque fort justement qu’on ne doit point lui faireun crime d’y employer un certain tâtonnement, puisque leproblème étant de la même nature et du même ordre que celuide la duplication du cube, on chei;cheroit en vain à le résoudrerigoureusement à l’aide de la seule règle et du compas. C’est