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Tome premier.
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6U HISTOIRE

sur des raisons tirées des lois du mouvement, que le corpslaissé à lui-même , tomberoit au pied du mât. Gassendi crutdevoir en faire lexpérience, non quil doutât en aucune ma-nière du succès , mais uniquement pour forcer dans leur der-nier retranchement ceux qui nioient le mouvement de la terre.Elle réussit, comme Galilée lavoit assuré. le poids lidèle à seprêter au mouvement général en même-temps quil tornboit ,alla frapper le pied du mât. Ce fut un sujet de surprise , etpour les ignorans philosophes qui avoient assuré le contraire,et peut-être dans un sens différent pour les matelots et lesgens de mer , à qui le doute même qui occasionnoit cette ex-périence, dut paroître ridicule : car il leur étoit souvent ar-rivé dêtre blessés par un corps tombant de la hune , pendantquils reposoient , ou se trouvoient au pied du mât, quoiquele vaisseau cinglât à pleines voiles. Gassendi publia sur ce su-jet son excellent écrit intitulé , de Motu impresso à Motoretranslato. Nos physiciens ont imaginé une machine pour répé-ter cette expérience à moindres frais, sur quoi nous renvoyonsaux livres de physique expérimentale.

Il y a un peu plus de réalité dans lobjection de ceux quiont dit que si la terre tournoit autour de son axe , ses parties6e dissiperoient, comme lon voit les gouttes deau, dont lacirconférence dune roue est chargée , sécarter dès quon lafait tourner avec quelque vitesse j comme la pierre dune frondeagitée circulaireinent, séchappe dès quelle est libre. On répon-doit, il faut lavouer, fort mal à cette objeciion avant quoneût lidée convenable du mouvement. Car Copernic et ses par-tisans, encore prévenus de la mauvaise division du mouvementen rectiligne et circulaire, disoient que le mouvement naturelde toutes les parties de la terre étant circulaire , elles ne dévoientpoint sécarter ; et ils trouvoient une disparité entre les exem-ples ci-dessus et le mouvement de la terre , en ce que le9gouttes deau ou la pierre de la fronde navoient point le mouve-ment circulaire naturellement. La réponse étoit suffisante pourle temps ; on se défendoit avec des armes semblables à celles aveclesquelles on étoit attaqué : mais aujourdhui lon répond mieuxà cette difficulté. On convient que cest le propre du mouvementcirculaire, décarter du centre de rotation les parties du systèmequi léprouve. Ainsi tout mouvement circulaire dissipera les corpsqui nont aucune adhérence entreux : cest pour cela que danslexemple cité , les gouttes deau se détachent aussi-tôt de la rouequi tourne : car il nest aucune force qui les y attache , quunetrès-légère ténacité;encore faut il <jue la roue ait une certaine vitessepour la vaincre. Mais il nen sera pas de même lorsque les partiesdun système de corps mu circulairetnent, tiendront les unesaux autres par quelque force , et tel est le cas des parties de la