DES MATHEMATIQUES. Pari. III. Liv. V. 7 o 5Descartes de plagiaire , et lui accorde à peine le titre de mé-diocre géomètre , quoiqu’une des plus belles découvertes del’esprit géométrique soit celle du moyen d’exprimer la naturedes courbes par des équations algébriques. JMais ai je flatté lamémoire de Descartes sur d’autres points à l’égard desquels cegrand homme a payé le tribut à l’humanité, comme sur sestourbillons , ses lois de la communication du mouvement , sonpeu de justice à l’égard de Kepler, de Galilée , &c. P Non assu- (rément. C’est donc à tort que M. Klugel m’accuse de faire deDescartes mon héros ou mon idole, en lui attribuant ce qui nelui est [tas dû.
Je ne sais non plus ce que ce savant professeur a vouludire , en nous accusant, M. Priestley et moi, d’avoir traitéFleischer , comme si c’eût été un Cosaque. Le fondement decette accusation paroît être que , par une erreur qui m’est com-mune avec M. Priestley , je l’ai nommé Fleitcher. Citant demémoire , je me suis effectivement trompé en écrivant ainsi lenom du physicien en question, qui est Fleischer. Je ne sais ,je l’avoue, si le premier est plus Cosaque qu’Allemand. Revenonsà Antonio de Dominis.
On trouve dans son ouvrage quelques passages où il s’attribuel’invention ou la connoissancc du télescope, long-temps avantque sa découverte, faite en Hollande , fût divulguée. Il dit for-mellement que quand cette découverte commença à faire dubruit, il devina aussitôt son artifice , et qu’elle n’eut rien demerveilleux pour lui ; qu’il annonça même dès-lors qu’il falloitformer le tube de deux parties rentrantes l’une dans l’autre, pourpouvoir l’alonger ou le raccourcir, suivant l’exigence des diffé-rentes vues. Cette observation est sans doute juste. Mais commetout cela est imprimé en i6u, que dès 1610 Galilée avoit lui-inêmeconstruit un télescope , et l’avoit tourné vers le ciel , que deDominis vivoit encore à cette époque , quoique prisonnier del’Inquisition , on sent aisément que ces assertions sont de peude poids, ou même n’en ont aucun.
J’ai nommé, au commencement de cet article, Antonio deDominis, le malheureux archevêque de Spalatro. En effet deDominis parvenu presque au faîte des honneurs ecclésiastiques ,s’avisa d’annoncer des sentimens qui l’obligèrent de s’expatrier.
Il se sauva à Londres, et y passa quelques années. Au tort den’avoir pas su voiler mieux ses sentimens intérieurs , il ajoutacelui de céder à des promesses qui l’engagèrent à revenir enItalie , où son indiscrétion lui suscita un nouvel orage. 11 futarrêté et renfermé à l’Inquisition, où il mourut en 1611-
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Tome I.
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