io6 HISTOIRE
chevalier Walther Raleigh dans son expédition pour la Virginie,où il lit le premier établissement de sa nation. Harriot y leva lacarte du pays, et donna en i.'iBB la relation de ce voyage , qui ,traduite en latin , a été insérée dans l’Histoire des navigations deThéodore de Bry. Il parôît que rendu à sa patrie , il se livraentièrement à l’étude des mathématiques, et spécialement àcelle de l’analyse algébrique. 11 ne tarda pas d’être connu duduc de Northuinberland , qui , amateur éclairé des sciences ,entretenoit déjà à ses frais plusieurs savans, tels que Rob. Huez,Walther Warner et Nathanaël Torporley. Ce seigneur donnachez lui un logement à Harriot , avec 3 oo livres sterlings detraitement. Ce fut chez lui, et en quelque sorte avec lui, queHarriot finit ses jours. On voit par les lettres de Kepler quecet astronome entra en correspondance avec lui , principalementsur la théorie de l’arc-en-ciel. Les manuscrits d Harriot ,nouvellement découverts dans un château du comté deSussex,demeure principale du duc , nous apprennent qu’il concourutavec Galilée dans la découverte des taches du soleil ; car ilparoît qu’il les vit dès le 8 décembre 1610, et la première obser-vation de Galilée paroît être tout au plus du mois de no-vembre précédent. Harriot avoit donc , ou deviné la construc-tion du télescope Batavique , ou s’en étoit procuié un vers cetteépoque. On aura sans doute obligation à M. de Zach de lapublication de ces manuscrits , qu’il promet avec une vied’Harriot. Il mourut le 2 juillet 1621. Philosophe sans doute,il 11’avoit jamais eu l’ambition de faire parler de lui ; ce futWalther Warner, son ami, qui publia ses recherches analy-tiques , sous le titre qu’on a vu plus haut.
Le premier pas d’Harriot est de ne s’être point borné à con-sidérer les équations sous la forme usitée jusqu’alors , c’est-à-dire en égalant les termes où entre la quantité ircormue à celuiqui contient la connue. Plarriot fait passer dans l’occasion cedernier terme du même côté que les autres, et l’affectant d’unsigne contraire à celui qu'il avoit , il égale toute l’expressionà zéro. Cela est naturel et dans les règles de l’analyse algébrique
ordinaire ; si x — b, on aura aussi x b — o : et si x 2 — %oxz=ny ,
il est également vrai que x 1 — zox —y = o. Il est enfin évidentque toute valeur positive ou négative , qui mise à la place de xet de ses puissances dans une équation réduite à cette forme ,la rendra égale à zéro , sera la valeur, ou une des valeurs de x,puisqu elle satisfera à la condition indiquée par cette expression.Il nous faut cependant remarquer , pour n’accorder à Harriotque ce qui lui est dû en ce qui concerne cette manière de con-sidérer les équations , il nous faut, dis-je , remarquer qu’il futbien éloigné d’en faire tout 1 usage qu’il pouvoit, et d’en sentir