DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 237à un œil attentif ; il y a seulement quelques degrés de plus declarté , ce qui est l'effet de la double impression qui se lait enmême temps dans les yeux. Au reste , cet avantage est com-pensé par l’incommodité de mirer au même objet , et malgréles éloges du P. Chérubin , nous n’avons pas encore vu lesobservatoires employer de Télescope de cette espèce. Je 11e saiscependant si cette invention n’est pas trop négligée.
I I I.
A l’histoire du Télescope doit nécessairement succéder celledu Microscope. Ce que le premier est dans l’astronomie , lesecond l’est dans la physique ; si l’un nous transporte en quelquesorte dans les régions célestes les plus reculées , l’autic nousdécouvre les plus petits objets de la nature. Celui là nous a faitappercevoir dans les cieux les phénomènes les plus étonnans ,et a principalement contribué à redresser les idées des physi-ciens sur le système de l’Univers : celui-ci nous faisant pénétrerdans la contexture intime des corps , nous a en quelque sortedécouvert un nouveau monde aussi fécond en merveilles , etaussi digne de l’admiration de l’esprit humain.
U y a deux sortes de Microscopes , le simple et le composé :le premier ne consiste qu’en une lentille d’un foyer très-court :une sphère de verre d’un petit diamètre est encore un Micros-cope. Ainsi toutes les fois qu’on a fait de pareilles lentilles ousphères de verre , on a eu des Microscopes ; il est vrai qu’onne s’est guère avisé que vers le milieu du siècle passé , d’enfaire d’extrêmement petites , et à cet égard on peut dire quela date du Microscope simple n’est pas moins récente que celledu Télescope.
Les Microscopes composés sont ceux qui sont formés d’unelentille d’un foyer fort court, qu’on appelle l’objectif, et d’unou de plusieurs oculaires ; leur invention n’est pas moins incer-taine que celle du Télescope. Ou croit vulgairement que Cor-neille Drebbel en est l’auteur, et que les premiers ont paru versl’an 1610 ou 1620; mais suivant la lettre de M. horeel que nousavons citée plus haut, il faut donner à cet instrument plus d’an-tiquité , et même lui acorder le droit d’aînesse sur le Télescope.Le Microscope que Drebbel avoit à Londres 11’étoit point sonouvrage , comme le dit expressément la lettre dont nous parlons,et il pourroit bien se faire que le Luit qui l'eu fait l’inventeur,n’eût pour fondement que l’usage qu’il en faisoit , et les curio-sités qu’il montroit par son moyen. Au reste , Drebbel , à qui