DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV.et élégante donnée par ces géomètres pour toutes les espècesde verres , quelle que soit la courbure de leur surface et la po-sition du point rayonnant ou de l’objet.
Un phénomène connu de tous ceux qui ont manié des verreslenticulaires , est celui de l’image des objets qu’ils peignentderrière eux. Qu’on présente dans une chambre un verre con-vexe au mur oppoaé à une fenêtre , et qu’on l’en éloigne dela distance environ de son foyer , on verra sur ce mur l’imagede la fenêtre opposée , d’autant plus grande et plus distincte,que le verre sera d’une plus grande sphère. L’explication dece phénomène est facile ; de chacun des points de l'objet ( quenous supposons dans l’axe de verre ou aux environs) part unfaisceau de rayons qui tombent sur le verre , et qui se réunissentau-delà. Ceux qui partent de l'axe même se réunissent dansl’axe ; ceux qui viennent des côtés concourent dans un pointde la lig ne tirée par le milieu du verre : delà vient que le con-cours des rayons venus des parties inférieures de l’objet, esten haut et au contraire ; ce qui fait que l’image est renversée.Quant à sa grandeur , elle est à celle de l’objet comme sa dis-tance au verre , à celle de celui-ci à l’objet. Cet objet est-il centfois plus éloigné que l’image , celle-ci sera cent fois moindre,et au contraire. Nous ne disons rien de la distance à laquelledoit se peindre l’image. Cela est facile à déterminer, aussitôtqu’on se rappellera ce que nous avons dit sur le point de con-cours des rayons partis de l’axe d’un verre.
Ce qu’on vient de dire est le fondement de la théorie desTélescopes et des Microscopes. Mais avant que de venir à enexpliquer les effets , il faut remarquer avec Kepler que l’on nevoit point distinctement les objets par des rayons convergens , oumême parallèles , à moins qu’on ne soit presbite. La natureayant destiné nos yeux à voir des objets peu éloignés , les aconformés de manière qu’à moins de quelque vice particulier,il n’y a que les rayons médiocrement divergens dontde concoursdoive se porter sur la rétine : si donc l'œil est situé de manièrequ’il reçoive des rayons convergens, on pourra rendre la visiondistincte , pourvu qu’on ait quelque moyen de corriger cetteconvergence , et de la changer en une divergence médiocre ,ou tout au plus en parallélisme. Appliquons ceci au TélescopeBatavique.
Si l’on présente un verre convexe au soleil , ou à un objettrès éloigné , il se formera au foyer de ce verre une image decet astre ou de cet objet. Si l’œil étoit nuement placé entre cefoyer et le verre , les rayons qu’il recevroit étant convergens ,il ne verroit que confusément ; mais si l’on met entre deux ettout près de l’œil, un verre concave qui fasse diverger médio-Tome II. H h