DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. V. 271le titre de mathématicien impérial , avec des appointeniens quilui lurent toujours assez mal payés. Ce titre ne lui donnoit pasde quoi vivre , et il faillit à se brouiller avec Tyclio , qui ref'usoitde prêter quelque argent à sa femme , pendant que retenu dixmois entiers par une lièvre intermittente, il ne pouvoit se livrerà aucun travail. Cependant il se raccommoda avec lui , et Tycliole présenta à l’empereur qui le lui attacha , avec appointe-mens , pour l’aider dans ses calculs. Enfin après bien des sol-licitations , il parvint en 1602 à toucher quelques-uns des étno-lumens attachés à son titre de mathématicien impérial ; titrejusqu’alors si stérile pour lui, qu’il connnençoit à se tournerdu côté de la Médecine , appréhendant que l’Astronomie nele menât droit à l’hôpital.
Le sort de Kepler scmbloit devenir plus agréable ; mais lamort de Tyclio le jetta dans de nouveaux embarras. Il fut in-quiété par ses héritiers, et mal payé de ses appointeniens commeaide de cet astronome, en sorte qu’il garda pour gage le trésorde ses observations , qu’on se mit peu en peine de retirer , etqui faillit par cette raison à se perdre. Il passa ainsi environonze ans dans l’embarras de se procurer et à sa famille unesubsistance un peu aisée. Enlin il reçut les arrérages de sespensions, qui lui furent continuées, et il fut nommé à la chairede mathématique de Lintz , en 161 3 . Ce fut là le temps le plustranquille , et le seul tranquille de sa vie. Il y publia entr’autres ,savoir en 161 5 , sa Stcrcomctria doliorum , dont nous avonspailé à l’occasion des nouveaux problèmes géométriques qu’ily proposoit, et dont il tentoit la solution. Ses Tables lludol-pbines furent encore l’ouvrage de ce temps de tranquillité, caril les publia en 1627. Mais vers cette époque les courses deKepler recommencèrent. En 1629 il passa , avec l’agrément del’empereur , au service d’Albert, duc de Frisland, et il se retiraà Sagan , où il remplit une chaire de professeur. Enlin étantallé, en i 63 o , à la diète de Ratisbonne pour y solliciter lepaiement de ses pensions , il y mourut le 5 novembre de lamême année. Ce grand homme fut enterré dans le cimetière,avec cette épitaphe :
Mensus eram ccelos , mine terme metior timbrasMens ccelestis erat, corporis timbra jacet.
In christo piè oh Ht , anno salutis l63o , die quinto novembres ,actatis suae quinquagesimo nono.
Telle fut la vie de Kepler ; obligé à tant de courses et tantde changemens d’habitations ; traversé par tant d’embarras etpar les sollicitudes que lui donnoit une famille nombreuse ,