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Tome second.
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2 Si HISTOIRE

mais les hommes les plus clairvoyans ne le sont pas égalementpartout, et cette vérité sublime lui échappa. Loin de soupçonnerque ces astres sont des planètes fort excentriques , comme lesobservations modernes le conlirment de plus en plus , il en faitdes générations nouvelles , et il les regarde comme des épais-sissemens de l’éther capables de nous renvoyer la lumière (1).Il leur donne un mouvement rectiligne , et en quelque sortemalgré les observations ; car elles dévoient au contraire le porterà composer leurs trajectoires de plusieurs portions de droitesdiversement inclinées , et successivement de plus en plus dansun même sens ; ce qui indiquoit une orbite curviligne , au lieuqu’afin de ne point abandonner son hypothèse , il attribue àces astres un ralentissement de vitesse à mesure qu’ils s’éloignentde leur périhélie. A l’égard des queues des comètes , Kepler eutune opinion qui a paru probable à divers physiciens modernes. 11pensa que ce pouvoit être une partie de leur atmosphère entraî-née par les rayons solaires , et qui nous les réfléchit.

Il nous faudroit donner au seul Kepler une partie considé-rable de la place que revendiquent tant d’autres astronomes , sinous entreprenions de faire connoître toutes ses découvertes.Nous nous bornerons par cette raison à une briève énuméra-tion du reste de ce que lui doit l’astronomie. Telles sont d’aborddiverses méthodes pour la détermination des orbites des pla-nètes , de leurs dimensions et de leurs positions ; une nmlti-tude d’observations qu’il fit pour suppléer à celles de Tycho ;la remarque de la forme elliptique du soleil et de la lune dansle voisinage de l’horizon , remarque dont on fait ordinairementhonneur au père Scheiner , mais que Kepler déduisit avant lui ,et à priori y de la théorie des réfractions (2 J.

La méthode dont se servent aujourd’hui les astronomes pourcalculer les Eclipses de soleil lui est encore due ; elle consiste àregarder ces sortes d’éclipses comme des éclipses de la Terre parl’ombre de la lune , et elle a non-seulement l’avantage d’affran-chir de quantité d’embarras auxquels la méthode ancienne étoitsujette , mais encore celui de montrer comme dans un tableaudans quelles régions de la Terre une éclipse seia visible , dequelle quantité elle sera , &c. Nous lui avons déjà fait honneurde quelques remarques d’astronomie-optique (2). Les astro-nomes lui dûrent enfin les célèbres Tables IXudoIphines qu’ilpublia en 1626 ; elles seront à jamais mémorables , comme lespremières qui ayent été calculées sur les véiitables hypothèses

(1) De Com. Iib. 3.

(a) Ad Viteliionem Paralipomena.

p. iji.

(3) Liv. précéd. art. I,