DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VII. 487développer tant de choses intéressantes , de sorte que tout ceque l’on sait de ses inventions se réduit presque à l’indicationgénérale et stérile qu’on a vue ci-dessus. Cela suffit néanmoinspour nous faire entrevoir combien cet homme célèbre eût enrichila Mécanique , s’il eut eu le loisir de se livrer à son génie , età son goût pour cette science.
Penclant que l’Angleterre cultivoit la Mécanique avec cessuccès , la France ne montroit pas moins de zèle à hâter lesprogrès de cette partie des Mathématiques , si utile et si im-portante. On voit figurer dans cette carrière MM. Blondel ,P\.oberval , Perrault, Roemer, Mariotte, Varignon, de La-Hire ,Amontons , &c. Ils nous fourniroient chacun la matière d’unarticle particulier ; mais pour abréger , nous inviterons le lecteurà parcourir l’Histoire de l’académie des sciences avant son renou-vellement , et l’on ne fera ici mention que de ceux qui se sontillustrés par quelque ouvrage ou quelque invention célèbre.
On fait honneur d’une invention de ce genre au fameux M.Roemer , Danois de naissance , mais alors habitué en France.Elle consiste dans l’ingénieuse idée de former en épicycloïde lesdents des roues qui lèvent ou qui abaissent des leviers pourmouvoir de grands poids, comme dans les machines hydrau-liques et autres. On s’étoit , il est vrai, déjà avisé de contournerces dents en lignes courbes ; un certain instinct mécanique avoitappris qu’il falïoit qu’elles eussent cette forme pour procurer à la
I missance une action plus égale , et par-là plus avantageuse sure fardeau à enlever ; car M. de La-Hire nous parle , dans sonTraité des épicycloïdes , d’une machine exécutée de cette ma-nière à quelques lieues de Paris, par Desargues. Mais on ignorequels principes ce géomètre avoit suivis dans la description dela courbure de ces dents ; Roemer découvrit que ce devoit êtrecelle d’une épicycloïde. Il fit, à ce que nous conjecturons, cetteutile remarque dans un écrit sur les roues dentées , qu’il lut en1 6 j 5 , et dont parle l’historien de l’académie. Long-temps après ,savoir en 1695 , M. de La-Hire a revendiqué cette invention. Ildit, dans la préface du Traité cité ci-dessus, qu’il l’avoit trouvéevers l’an 1674 , et qu’il l’a voit alors communiquée à MM. Auzout,Mariotte et Picard , à qui elle plut beaucoup. Nous ne pronon-cerons point entre l’un et l’autre ; nous remarquerons seulementque, suivant le témoignage de Leibnitz (1), la prétention de La-Hire n’est pas fondée. Leibnitz assure que durant son séjour àParis , M. Roemer passoit parmi les savans, et entr’autres auprèsde M. Huygens, pour l’inventeur de cet usage de l’épicycloïde ,et qu’il n’étoit point question de La-Hire.
(r) Leib. et Beat. comm. epiitol. tom. II, p. 178.