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Saxe, nue lentille de verre de trois pieds de diamètre, con-vexe des deux côtés , et dont le foyer étoit à douze pieds dedistance. Il est aisé de sentir que Tschirnhausen avoit employéune machine à la travailler ; car elle pesoit , même achevée ,cent soixante livres. Son foyer étoit d’un pouce et demi delargeur , mais pour augmenter la chaleur , on le rétrécissoitpar le moyen d’une simple lentille ; alors elle produisoit deseffets de la meme nature que les précédens , mais avec beau-coup plus île vitesse et d’intensité. M. le duc d’Orléans l’achetade M. de Tschirnhausen , et après s’en être servi quelque tempsà des opérations chymiques auxquelles il s’amusoit , cominel’on sait , il en lit présent à l’Académie des Sciences qui lepossède encore aujourd'hui.
Parmi les fabricateurs de miroirs aryens qui ont eu de lacélébrité, on doit encore ranger un Jésuite, Silésien , nomméThéodore Moret , qui a écrit plusieurs ouvrages optiques etphysiques , et un entr’autres, intitulé : Theoria visionis , t’C.( Uratislaviae , 1661 ; in- 4 0 .) , où il donne la description d’unmiroir concave métallique de trois coudées, ou quatre pieds etdemi de largeur , qu’il avoit fabriqué ; mais cet ouvrago nem’étant jamais tombé sous la main , je ne puis en dire davan-tage. De tous les miroirs concaves de métal qui aient été exé-cutés , le plus grand au surplus paroît être celui que M. de laGarouste de saint-Cyr exécuta vers i 685 ; car il avoit cinq piedset un pouce de (1) diamèrre , et brùloit à environ cinq piedsde distance. Ses effets étoient fort grands , mais ils l’eussentété bien davantage , si son poli eut répondu à sa grandeur ;car M. Duhamel remarque dans son Histoire de l’Académie(année 168 5 ), qu’il étoit inégal en quelques endroits. Le roi,à qui il fut présenté, le donna à l’Académie , et il subsisteencore à l’Observatoire.
11 y a eu des artistes qui ont imaginé de faire des miroirsardens à moins de frais. Je lis dans Wolf ( 5 ) , qu’un artistehabile de Dresde , nommé Gsrtner, imagina d’en faire debois , qui étoient paraboliques , et qui produisoient des effetssinguliers. Cet artiste donna en ijo 5 un petit écrit allemandsur ces miroirs ; mais je n’en comtois que Je titre. La conca-vité de ce bois étoit apparemment enduite de quelque vernistrès-uni, ou couverte de feuilles d’or battu , comme Traberdit l’avoir vu faire (4). Mais je ne laisse pas d’avoir beaucoupde peine à concevoir qu’un vernis , ou des feuilles d’or puissentréfléchir la lumière avec la force et la régularité suffisante pour
(1) Journal des Savant , anrt. 1685, (î) Elem. Math, tniiv. Catopt. t. III.
jour. (3) Nervut Opt. liv. I,c. 12.