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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VIII. 5 3 5produites par le prisme fussent inaltérables , comme le disoitNeuton. Enfin parut son Optique , ce livre admirable , et si digned’être conseillé à tous ceux qui cultivent la physique , commele plus parfait modèle de l’art d’interroger la nature. Neuton ydévoila la manière de décomposer suffisamment la lumière pourtrouver les couleurs inaltérables. Nous l’avons rapportée plushaut, et il n’y a plus aujourd’hui le moindre doute qu’on n’yréusisse quond on s’y prend de cette manière. La société royalede Londres en a rendu un témoignage authentique, en rendantcompte dans son recueil de 1716 des expériences faites devantelle par Desaguliers, et qui réussirent aussi bien qu’on pouvoitle desirer. Mais il y a eu dans tous les temps des esprits fauxet précipités qui ont combattu les vérités les plus solidementétablies. On ne doit donc pas être étonné de rencontrer encoredans ce siècle-ci quelques contradicteurs de la théorie neuto-nienne. Nous les ferons connoître, ainsi que la foiblesse de leursraisonnemens, et leur pitoyable ignorance en géométrie, dans lasuite de cet ouvrage.

V.

Nous avons maintenant à expliquer les raisons que Neutondonne de la réflection et de la réfraction. C’est-là un point surlequel il ne s’écarte pas moins de la doctrine jusqu’alors reçuedes philosophes, que dans son analyse des couleurs. Nous feronsici sans peine un aveu , savoir que cette partie de sa théorien’a pas tout à fait la même évidence que celle que nous venonsde développer. Elle est néanmoins fondée sur des expériencestrès-ingénieuses. Ce sera par elles que nous commencerons,afin de préparer par degrés aux conjectures un peu hardiesque forme Neuton.

La première de ces expériences est celle dont Grimaldi se ser-voit pour prouver ce qu’il appeloit la diffraction de^a lumière.Neuton fit un trou d’une 42 e de li^ne à une plaque de métal,et introduisit par-là un filet de lumière dans la chambre obscure.Il exposa à ce rayon un cheveu, et il remarqua que son ombreétoit beaucoup plus grande que celle que pouvoit produire lasimple divergence des rayons qui l’effleuroient. Mesurée à dixpieds de distance , elle lui parut trente-cinq fois plus grandequ’elle ne devoit être, en n’ayant égard qu’à cette raison. Onpourroit dire, et sans doute quelque physicien l’a dit, que ceteffet est produit par une certaine atmosphère des corps , quirompt les rayons qui la traversent en les écartant de la perpen-diculaire. Mais M. Neuton détruit cette conjecture, en remar-quant que la même chose arrive dans les cas où il ne semble