DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. VUI. 53$la différente réfrangibilité, est la cinquante - cinquième partiedu l’ouverture, on ue quatre pouces. D’où il suit que celle-ciest cinq mille quatre cent cinquante fois plus grande que lapremière. Mais si n’ayant égard qu’à la partie la plus dense dece cercle , on en réduit avec Neuton le diamètre à une 25o<\de celui de l’ouverture , on trouvera encore que cette aberra-tion est douze cens fois plus grande que celle qui naît du dé-faut connu de la sphéricité.
On voit par-là que le défaut des Télescopes à réfraction nevient point de l’inaptitude de la figure sphérique à réunir lesrayons venant d’un meme point précisément dans un autre ;en vain corrigerait-on l’aberration qui vient de cette cause,comme Descartes tentoit de le faire, en donnant aux verresune figure plus convenable ; on n’en seroit pas plus avancé.L’autre espèce d’aberration , incomparablement plus grande ,subsisteroit encore, et il est évident que c’est elle qui est lacause de la confusion des images, et de l’imperfection des Té-lescopes à réfraction.
Ce fut ce motif qui fit songer Neuton à substituer la réflec-tion à la réfraction. Car la réflectiou n’a point l’inconvénientde cette dernière. Les rayons, quoiqu’inégalement réfrangibles ,se réfléchissent tous à angles égaux avec ceux d’incidence, desorte que la réflection de la lumière dans les miroirs concaves ,est exempte de cette aberration qui suit nécessairement le pas-sage des rayons à travers les milieux réfringens. Les imagesformées par ces miroirs sont par cette raison incomparable-ment plus nettes et plus distinctes que celles que formeroientdes lentilles de même foyer. La différence en est tout-à-faitfrappante, comme l’observe Hévélius (i), et qu’il est facile àchacun de l’éprouver.
C’est en cela que consiste l’avantage et le principe du Téles-cope à réflection ; car il est aisé de sentir que si l'image forméepar le miroir est incomparablement plus distincte que celle d’unverre, on pourra employer une oculaire d’un foyer beaucoupmoindre, et par une suite nécessaire, le Télescope présenterales objets considérablement plus grossis. Un Télescope à réflec-tion équivaudra à un de l’ancienne forme beaucoup plus grand.Tout ce raisonnement de Neuton a été parfaitement con-firmé par l'expérience. Un Télescope de cinq pieds, construitpar M. Hadlei suivant la forme neutonienne, se trouva égah ren bonté , et même surpasser le Télescope de cent vingt-trois[lieds , dont Huygens avoit donné l'objectif à la Société royalede Londres.
(i) Mach. celestis. tara. I, p. 435 et suiv.
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