DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 56 7d’un seul observateur, la parallaxe d’une planète. Ce fut par cemoyen que dès l’année 1681 il déterminoit la parallaxe de Marspérigée , avec assez d’exactitude pour qu’il n’en résultât qu’une pa-rallaxe horizontale solaire de dix secondes, ce qui approchoitbeaucoup de la vérité, et reculoit bien loin les bornes de notresystème planétaire. On doit enfin à M. Cassini l’application deséclipses de soleil à trouver les longitudes des lieux de la terre ;la découverte de la lumière zodiacale, ou cette atmosphère lu-mineuse et en forme de lentille couchée dans le plan de l’éclip-tique , dont notre soleil est environné; diverses nouvelles pé-riodes chronologiques , propres à concilier les mouveinens dusoleil et de la lune; enfin son ingénieuse divination des règlesde l’Astronomie indienne. Nous n’en dirons pas davantage.Quant à son hypothèse sur les inouvemens des comètes , où ilfut moins heureux nous en parlerons avec quelqu’étendue dansl’article XIII de ce livre.
I V.
Les premiers soins de l’Académie royale des sciences à cul-tiver l’Astronomie, sont marqués par deux inventions des plus
I dus heureuses. L’une est la perfection du micromètre, et l’autre'application du télescope au quart de cercle. Ces deux inven-tions ne tieennent pas un moindre rang en Astronomie , quecelle de l’horloge à pendule. Car s’il est essentiel à l’Astronomed’avoir une mesure exacte du temps , il 11’est pas moins im-portant pour lui d’avoir le moyen de mesurer avec précision lesintervalles célestes. Ce dernier avantage, il le doit aux instru-mens dont on vient de parler; ce sont eux qui l’ont éclairé surles élémens les plus délicats de l’Astronomie , et qui l’ont misà portée d’appercevoir divers phénomènes dont la découvertea jotté de grandes lumières sur le système physique de l’univers.
La première idée et le principe du micromètre sont dûs àM. Huygens. Chacun sait qu’au foyer de l’objectif du télescopeastronomique , il se peint une image parfaitement semblable àl’objet , et proportionnée à l’angle sous lequel il paroîtroit àl'œil nu. L’oculaire, comme l’on sait encore, est tellement dis-posé , que cette image est à son foyer , ce qui fait qu’elle estdistinctement apperçue. M. Huygens en conçut l’idée de se servirde la mesure de cette image pour connoître celle de l’objet, etvoici comment il s’y prit. Il plaça au foyer commun de l’ob-jectif et de l’oculaire une ouverture circulaire , dont il mesurala grandeur apparente, c’est-à-dire, le nombre de minutes etde secondes qu’elle laissoit découvrir dans le ciel, par le tempsqu’une étoile employoit à parcourir son diamètre. Cette première