DES MATHEMATIQUES. Part. IV. Liv. IX S 7 tl’avoit exécuté avec succès. C’est ce que prouvent clairementdivers fragmens de lettres, tiiés de son commerce astronomiqueavec Horoxes et Crabtrée , et que M. Derliam a rapportés dansles 'L'rcnis. phil.. de l’année 1720. 11 paroît donc , d’apres cesautorités , qu’on 11e peut refuser à Gascoigne d’avoir eu le pre-mier l’idée de ces deux inventions d’Astronomie-pratique. Maiscomme en même temps il est clair que cette idée n’avoit jamaisvu le jour en Angleterre, et à plus forte raison dans le Con-tinent , l’iionneurde l’invention n’appartient pas moins à Auzoutet Picard. Robert Hook a aussi prétendu s’associera cet honneur,et dit que dès l’armée i 665 il a voit parlé à Hevelius de l’applica-tion du télescope aux instrumens d’Astronomie , sur quoi He-velius lui répondit par une lettre adressée à la Société royale,dans laquelle il exposoit les motifs qui lui rendoient cette pra-tique suspecte. Mais Hook étoit un homme aident à tout rap-peller à lui, un de ces hommes qui veulent avoir tout fait et touttrouvé, et sa révendication ne paroît pas aussi fondée, mêmeen adoptant les dates de ces lettres.
Les obligations qu’a l’Astronomie à ces deux premiers membresde l’ancienne Académie nous engage à faire connoître un peudavantage leurs personnes et leurs écrits. M. Picard (Pierre)étoit de la Flèche, mais nous avons en vain recherché l’annéede sa naissance. 11 lut un des huit premiers que Colbert réunitpour former l’Académie des sciences. Sa dextérité à observer ,et son exactitude extrême furent cause qu’il lut employé danstous les immenses nivellemens qu’on entreprit pour amener deseaux à Versailles. On peut voir dans une vie de Charles Perraultquelques anecdotes singulières sur ce sujet. Cet astronome cé-lèbre étoit engagé dans l’état ecclésiastique, et mourut en 1684.Il laissa divers ouvrages assez avancés que M. de la Ilire pritsoin de mettre en ordre, et publia en 1 6 p 3 . Ce sont un excellenttraité de gnomonique , sous le titre de Pratique des grandscadrans ; des fragmens de Diûptrique , et son Traité du ni -•vellement. Ün les trouve dans le tom. VI des anciens mémoiresde l’Académie. Le dernier a été publié à part en i 685 . On litdans le tom. VII sa Mesure de la terre , son Voyage à Urani-bourg (quiavoient paru de son vivant) avec quantité d’obser-vations astronomiques etde la France.
Quant à M. Auzout, on ne sait rien concernant sa naissanceet sa patrie ; il fut , ainsi que l’abbé Picard , un des premiersacadémiciens. Mais passé l’année 1667, il n’en est plus fait au-cune mention dans l’histoire de l’Académie ; il étoit à Romeen 1670, et il y mourut en i6p3 , suivant la liste chronolo-gique des membres de l’Académie. Il a publié quelques écrits,
géographiques faites en divers lieux