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le voyage de cet astronome, qui a été inséré dans le tome VII
des anciens mémoires de l’Académie.
Mais l’observation qui rend principalement mémorable levoyage de Richer , est celle du retardement du pendule à se-condes qu’il y remarqua. Ari’ivé à Cayenne, il vit avec éton-nement que son horloge , quoiqu’il eût donné au pendule lamême longueur qu’en France , retardoit tous les jours d’envi-ron deux minutes et demie sur le mouvement moyen du soleil ,de sorte qu’il fallut pour l’y accorder , raccourcir ce penduled’une ligne et un quart. Pour plus de certitude, il rapporta sonpendule ainsi raccourci en France, et alors il se trouva en effetqu’il étoit plus court d’une ligne et quelque chose , que celuiqui battoit les secondes à l’observatoire de Paris.
On ne fut pas médiocrement étonné en France du phénomèneannoncé par Richer, et on le regarda d’abord comme fort dou-teux. On croyoit être d’autant mieux fondé à penser ainsi, quePicard étant à Uranibourg , n’avoit trouvé aucun changementà faire dans la longueur de son pendule , non plus que Roemerà Londres. Mais quelques années après, MM. Varin et Deshayesayant été envoyés en divers lieux de la côte d’Afrique et del’Amérique pour y observer , ils remarquèrent dans les lieuxvoisins de l’équateur la même chose que Richer. Il y a plus ,ils furent obligés de raccourcir leur pendule d’une quantité plusconsidérable que cet astronome ne l’avoit rapporté. Il n’y a rienen cela qui doive nous étonner ; il est au contraire tout-à-faitnaturel que Richer observant pour la première fois un phéno-mène si inattendu et si singulier, fit tous ses efforts pour l’élu-der en quelque sorte.
Ce retardement du pendule , à mesure qu’on le transportedans des lieux plus voisins de l’équateur , est une observationtellement confirmée par le rapport unanime des astronomes ,qu’il est inutile de nous arrêter davantage à le prouver. Maisc’est une mauvaise explication que celle qu’ont prétendu endonner quelques physiciens , en disant que c’est un effet dela chaleur du climat qui allonge la verge du pendule , et quien rend par-là les vibrations plus lentes. Les expériences qu’ona de la dilatation des métaux opérée par la chaleur, apprennentqu’il en faudroit une bien plus considérable que celle qu’éprouvela verge d’un pendule , pour causer un allongement capablede produire un pareil retardement ; et d’ailleurs les académi-ciens françois qui ont mesuré la longueur du pendule sur lesmontagnes du Pérou, et au milieu d’un air terrïpéré , ou excessi-vement froid, n’ont pas laissé d’observer le même phénomène.
Les nouvelles observations de MM. Varia et Deshayes nepermettant plus de douter que le pendule à secondes ne fût
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