DES MATHÉMATIQUES. P^rt. IV. Li>. IX. 58 sférence de temps, ajoute-t-on, ne seroit pas insensible. En effet,la différence d’éloignement de Jupiter à nous, est dans ces deuxcas le double de l’excentricité de son orbite, ce qui fait environune moitié de la distance du soleil à la terre. Ainsi le tempsemployé par la lumière à parcourir cette distance, étant de 8à 9' , il en faudra environ quatre de plus , Jupiter étant dansson aphélie, que lorsqu’il sera dans son périhélie.
Mais ces objections, qui étoient considérables du temps deMM. Cassini et Maraldi , sont aujourd’hui suffisamment réso-lues. De tous les satellites de Jupiter , le premier a été long-temps le seul dans lequel on pût démêler cette inégalité parti-culière , parce que c’est celui dont le mouvement est le plusrégulier, et le mieux assujetti au calcul. 11 n’en étoit pas , àbeaucoup près, ainsi des autres; on commettoit encore à l’égardde ces derniers , et en usant même des meilleures tables , deserreurs beaucoup plus grandes que la plus grande équation dé-pendante du mouvement de la lumière. D’ailleurs leur entréedans l’ombre est si lente, que jointe aux variations qui naissentde l’inégalité des télescopes, des yeux, et des hauteurs de Ju-piter sur l’horizon , elle rend incertaine , à quelques minutesprès , le vrai moment de l’immersion. Ainsi il n’est plus sur-prenant qu’on ne puisse point y reconnoître , d’une manièreaussi décisive que dans le premier, le retardement ou l’accé-lération que produit le mouvement successif de la lumière.
A l’égard de la seconde objection , savoir celle de M. Maraldi,elle est entièrement résolue. Depuis que la théorie du premiersatellite a été rectifiée en plusieurs points, l’inégalité provenantede l’excentricité de Jupiter a été parfaitement reconnue, et elleentre au nombre des élémens du calcul dans toutes les tablesmodernes. On peut voir entr’autres sur cela celles que M. Var-gentin a publiées il y a quelques années , et qui par leur ex-cellence sont dans une grande estime auprès des astronomes \mais ceci sera encore traité plus au long dans la suite de cetouvrage. Ajoutons que cette heureuse découverte, déjà si con-forme à la saine philosophie, a reçu dans la suite un nouveaudegré de certitude , de celle de M. Bradlei sur l’aberration desfixes, dont on rendra compte dans le lieu convenable.
La découverte et la démonstration du mouvement successifde la lumière , est ce qui forme aujourd’hui le premier et leprincipal titre à la célébrité de M. Roemer. Quelques détailssur sa vie et ses travaux semblent naturellement trouver place ici.
M. Roemer (Olaus) nacquit à Copenhague le *5 septembre1644 (u. s .) , d’une famille peu avantagée du côté de l’état etde la fortune ; mais le goût et le génie savent surmonter lesobstacles, et M. Roemer ne laissa pas de suivre la carrière de*.