DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 5 99pour la navigation, savoir que cette exactitude étoit suffisantepour déterminer la longitude en mer, sans s’y tromper de plusd’une vingtaine de lieues aux environs de l’équateur, et de moinsdans des latitudes plus grandes.
L’importance de semblables observations pour calculer leslieux de la lune , a excité divers astronomes célèbres à entre-prendre le même genre de travail. Sur l’annonce que M. Halleidonna en iy 3 i de ses succès , et de ceux qu’il attendoit d’uneplus longue suite d’observations, M. Delisle, alors à Pétersbourg,se mit à observer la lune, ce qu’il a continué pendant douzeans de suite , savoir depuis le mois de septembre 1734, jusqu'en1746 , pendant lequel intervalle de temps il a rassemblé plusde douze cents observations de cette espèce. Mais M. le Mon-nier est celui qui s’est livré à ce travail avec le plus de persé-vérance. Il a achevé la période de Hallei, et il en a commencéune seconde, qui est sans doute terminée dès long-temps. Lorsqueces observations auront été communiquées au public , on pourrase flatter d’avoir déjà un moyen assez juste de calculer le lieude la lune, en attendant qu’on ait suffisamment réussi à sou-mettre au calcul les causes physiques des irrégularités de cetteplanète ; et c’est ce à quoi l’on touche , au moyen des travauxréunis de tant de géomètres profonds qui ont travaillé sur cesujet. Mais je reviens à Hallei.
Parmi les obligations nombreuses de l’Astronomie envers cethomme célèbre, obligations qu’une histoire particulière de cettescience peut seule développer avec l’étendue convenable, nousciterons enfin ses Tables astronomiques. Ces tables, le résultatdes vues les plus fines, et d’une multitude d’observations com-binées avec sagacité , étaient en partie imprimées dès l’année172.5; mais M. Hallei travaillant sans cesse à les perfectionner,surtout en ce qui concerne la théorie de la lune , en différoitde jour à autre la publication, lorsqu’il mourut. Elles ont parudepuis, savoir en 1749 > et elles sont justement regardées commedes plus parfaites que l’Astronomie eût encore produites. 11 seroittrop long d’en développer tous les avantages, et d’exposer lesprincipes sur lesquels elles sont construites. M. Delisle en a in-formé le public par deux curieuses et savantes lettres (1) aux-quelles il nous suffira de renvoyer le lecteur.
XII.
Rien ne seroit plus satisfaisant pour l’esprit que la physique
(1) Lettres de M, Delisle, sur les Tables de M, Hallei, 1749 et 1750,Journal des Savans, des mêmes années.