DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 635livre de la figure des astres, produisirent une révolution presquesubite et générale dans la manière de penser. Depuis ce tempsenfin , la théorie des comètes de Neuton a tellement pré-valu , que ceux-là même qui depuis plusieurs années la rejet-toient , sont devenus ses partisans. Il est si rare dans l’empirephilosophique de changer d’avis , qu’il y a peut-être en celaplus de gloire pour eux , que s’ils eussent d’abord adopté lesentiment de Neuton. Il y a aussi cet avantage pour la théoriedont nous parlons, qu’on ne peut pas dire qu’elle ait été ad-mise avec trop de précipitation , et sans examen. Au contraireil semble qu’on peut assurer qu’une vérité ne fut jamais plussolidement établie, que lorsqu’elle s’est attiré le suffrage deshabiles gens qui l’avoient d’abord méconnue et contestée.
Depuis que les astronomes ont adopté la théorie de Neuton ,la table de M. Hallei s’est beaucoup accrue. Au lieu de vingt-quatre comètes que contenoit cette table , et dont les élémenssont calculés , on a aujourd'hui environ le triple. M. l’abbéde la Caille en a donné trente-six dans ses Eléniêns d’Astro-nomie ; mais M. btruick qui a fait des recherches particulièressur l’histoire et la théorie des comètes, dans un livre dont onparlera à la lin de cet article , y en a ajouté plusieurs. Sa tableen contient quarante-cinq, auxquelles ajoutant celle de 1708 , ils’en trouvoit alors quarante-six de calculées. 11 11e faut cependantpas penser que toutes ces déterminations soient de la mêmeexactitude ; il n’y en a guère qu’une trentaine sur lesquelles onpuisse compter; mais comme la discussion des unes et des autresnous méneroit trop loin, nous nous bornerons ici à quelques ol>servations générales qui naissent de l’inspection de ces tables.
En premier lieu , on voit qu’il n’y a pas moins de comètesrétrogrades que de directes, et que leurs orbites coupent l’éclip-tique sous toutes sortes d’angles , de sorte qu’il en résulte une
f >reuve puissante contre les tourbillons qu’on ne sauroit conci-ier avec des directions aussi contraires et aussi constantes ;mais on s’est suffisamment étendu ailleurs sur ce sujet , c’estpourquoi il est inutile d’y rien ajouter de nouveau.
En second lieu, on observe que la plupart des comètes des-cendent dans la sphère de l’orbe de la terre, les unes plus, lesautres moins; des trente-six comètes dont la Caille donne l’or-bite calculée, il n’y en a que six dont la moindre distance dusoleil excède celle de la terre à cet astre.
En troisième lieu, les comètes n’ont point de zodiaque fixe ,comme f’avoit pensé un homme célèbre qui leur avoit attribuécelui qui est désigné par les deux vers suivans.
A ntinoïis , Pegasusque , Andromeda , Tau ru s , Or/on,
Procyon , atijue Hydrus , Centaurus , Scorjnus , Arcus.
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